Hollande rassure la finance, l'extrême gauche voit rouge

mardi 14 février 2012 15h42
 

PARIS (Reuters) - L'extrême gauche française a peu apprécié les propos de François Hollande à la presse anglo-saxonne visant à rassurer le monde de la finance, qu'il avait présenté plus tôt dans sa campagne comme son "principal adversaire".

Dans des déclarations publiées en début de semaine dans des journaux comme The Guardian, International Herald Tribune et The Financial Times, le candidat socialiste à l'élection présidentielle se défend de toute agressivité à l'égard du monde de l'argent et dit vouloir se rapprocher sur ce thème de la position du président américain Barack Obama.

L'élu socialiste affirme aussi que la France de 1981, date de l'arrivée au pouvoir du socialiste François Mitterrand, qui avait convié des communistes au gouvernement, n'a rien à voir avec celle de 2012, où "il n'y a plus de communistes".

"La gauche a été au gouvernement pendant quinze ans au cours desquels nous avons libéralisé l'économie, ouvert les marchés à la finance et aux privatisations. Il n'y a rien à craindre", ajoute François Hollande, qui sera à Londres le 29 février.

Dans un communiqué rageur où il rappelle qu'il compte "132.000 adhérents" et "10.000 élus", le Parti communiste français (PCF) ironise : "Cela a le mérite d'être clair, les électeurs de gauche apprécieront".

Dans son premier grand meeting, le 22 janvier au Bourget, François Hollande avait désigné le "monde de la finance" comme son principal adversaire, réaffirmant sa volonté de taxer les transactions financières et de réajuster la fiscalité au détriment des Français les plus aisés.

Selon The Guardian, François Hollande a déclaré qu'il n'était pas "agressif" ni considéré en France comme quelqu'un de très à gauche en matière de la régulation de la finance. Il a dit vouloir se rapprocher à cet égard de la position exprimée par Barack Obama devant le Congrès américain.

"On pourrait dire qu'Obama et moi avons les mêmes conseillers", a-t-il dit, ajoutant que son souhait de voir la finance mieux régulée était conforme à la volonté de "l'opinion publique" européenne et des autres candidats à l'élection présidentielle, y compris le président Nicolas Sarkozy - dont l'officialisation de candidature est attendue incessamment.

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<p>Fran&ccedil;ois Hollande &agrave; Lyon lors d'un d&eacute;placement, mardi. L'extr&ecirc;me gauche fran&ccedil;aise a peu appr&eacute;ci&eacute; les propos du candidat socialiste &agrave; la pr&eacute;sidentielle &agrave; la presse anglo-saxonne visant &agrave; rassurer le monde de la finance, qu'il avait pr&eacute;sent&eacute; plus t&ocirc;t dans sa campagne comme son "principal adversaire". /Photo prise le 14 f&eacute;vrier 2012/REUTERS/Jacky Naegelen</p>