Emprunts toxiques pour 18,8 milliards des collectivités locales

mercredi 7 décembre 2011 17h58
 

PARIS (Reuters) - Les "emprunts toxiques" souscrits par les collectivités locales françaises auprès des banques, dont Dexia, se montent à 18,828 milliards d'euros, dont 15,787 milliards "à très fort risque", affirme une commission d'enquête parlementaire.

Cette commission de l'Assemblée nationale sur les produits financiers à risque, créée le 8 juin dernier, a adopté mardi à l'unanimité son rapport après avoir procédé à 80 auditions, a-t-on appris de source parlementaire, confirmant une information du quotidien Le Parisien. Il sera présenté le 15 décembre.

L'encours total de produits structurés est de 32,125 milliards d'euros pour l'ensemble des acteurs publics locaux , y compris les universités, les hôpitaux et les HLM, et il s'élève à 23,303 milliards d'euros pour les collectivités locales.

L'encours à risques pour l'ensemble des acteurs publics locaux est de 18,828 milliards d'euros, dont 15,787 milliards d'euros sont à "très fort risque", conclut le rapport de la commission présidée par le député socialiste Claude Bartolone, président du conseil général de Seine-Saint-Denis.

Le texte se penche sur le partage des responsabilités de la chaîne de décision ayant abouti à cette situation - Etat, collectivités et banques.

Le rapport, a-t-on appris auprès de la commission, "pointe très fortement" la responsabilité des établissements bancaires dont Dexia, banque actuellement en cours de démantèlement.

Il rappelle que les dirigeants de Dexia ont affirmé lors de leur audition qu'il n'y avait pas de produits structurés dans les communes de moins de 10.000 habitants. Or, selon le rapport, ce sont 1.600 communes de moins de 10.000 habitants qui ont signé des "contrats risqués" avec la banque.

Les députés proposent une série de mesures afin d'éviter qu'une telle situation se reproduise comme le fait de "caper" les contrats en fixant un taux maximum et la création d'un "pôle d'assistance et de gestion".

L'objet de ce pôle serait de renégocier globalement les contrats entre les collectivités locales dans leur ensemble et les banques, les négociations ne se faisant plus collectivité par collectivité mais produit par produit.   Suite...