La classe politique française bienveillante envers Chirac

dimanche 4 septembre 2011 14h26
 

"Je le pense (que le procès doit être maintenu-NDLR) et je pense que c'est le souhait de Jacques Chirac. Je suis certain d'ailleurs que s'il pouvait y assister, il le ferait", a-t-il dit sur Europe 1.

"Je pense qu'au fond de lui, il ne peut accepter que l'on puisse penser, imaginer, qu'il y a deux sortes de justice. Il a été président de la République et il veut aussi être soumis à ce procès", a-t-il ajouté.

La défense de Jacques Chirac dit officiellement souhaiter un procès sans l'ex-chef d'Etat mais pourrait suggérer lundi un "sursis à statuer", une mise entre parenthèses de facto définitive de l'affaire.

La question du procès de Jacques Chirac, 78 ans, a été abordée depuis l'origine par une grande prudence autant par son ancien parti que par le PS, qui était pourtant appelé en théorie à lui porter la contradiction puisque la Ville de Paris, qu'il dirige, était partie civile dans son dossier.

Le maire Bertrand Delanoë a pourtant retiré cette constitution de partie civile après un accord financier où Jacques Chirac et l'UMP ont remboursé 2,2 millions d'euros. Cet accord a été contesté par les écologistes et combattu vainement en justice par des associations.

Les écologistes considèrent que cet accord est une "faute politique" et un "déni de justice". Selon eux, le compte n'y est pas puisque la somme ne couvre pas les emplois frauduleux déclarés prescrits au pénal, le préjudice moral et les frais d'avocat. Par ailleurs, pour les écologistes, l'accord donne "l'image d'un caste politique qui s'entend entre elle".

Voix discordante dans les réactions bienveillantes de la classe politique, Yves Contassot, élu écologiste parisien et adjoint au maire de Paris, a déploré dimanche la possible absence de Jacques Chirac à son procès.

"Jacques Chirac poursuit sa stratégie hypocrite de propos contradictoires, déclarant vouloir être jugé mais faisant tout pour ne pas l'être. Cette attitude montre le mépris dont il a fait preuve tout au long de sa carrière politique pour le respect des institutions avec fraude électorale, emplois fictifs et marchés truqués", écrit-il sur son blog.

Thierry Lévêque, édité par Yves Clarisse

 
<p>La classe politique fran&ccedil;aise accueille avec bienveillance l'excuse m&eacute;dicale invoqu&eacute;e par la d&eacute;fense de Jacques Chirac pour tenter de le dispenser de compara&icirc;tre &agrave; partir de lundi pour d&eacute;tournement de fonds. Seuls les &eacute;cologistes se d&eacute;marquent de cette r&eacute;action. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau</p>