"Barack Obama est plus à droite que moi", dit Marine Le Pen
par Patrick Vignal
PARIS (Reuters) - En se proclamant gaullienne dans sa vision de l'Etat, proche parfois du socialiste Arnaud Montebourg et à gauche de Barack Obama en matière sociale, Marine Le Pen s'efforce de décoller l'étiquette d'extrême droite attribuée à tort, selon elle, au Front national.
Au risque de déboussoler ses partisans nostalgiques de l'ère Jean-Marie Le Pen, celle qui a succédé en janvier à son père à la tête d'une formation traditionnellement placée à la droite de la droite ne cesse d'affirmer sa volonté de ratisser large.
"Je ne suis ni de droite, ni de gauche", déclare-t-elle dans un entretien accordé à Reuters. "Je suis frappée d'ailleurs de voir que le Front national est le seul mouvement politique auquel est accolé systématiquement le terme d'extrême droite.
"Je réfute cette étiquette parce que le Front national n'est pas un parti d'extrême droite", poursuit-elle. "Le Front national est un parti qui respecte la démocratie (...) Nous sommes des Républicains, nous respectons, et même nous défendons les principes de la République française."
Celle qui a grandi avec un parti fondé puis incarné pendant quatre décennies par son père a entrepris de le "dédiaboliser", notamment en limant les aspérités les plus radicales.
Elle va aujourd'hui plus loin, jouant même la carte de la provocation, dans le cadre d'un appel à ne pas comparer les systèmes américain et français.
"Obama, il est plus à droite que moi", dit-elle. "Son grand acte en matière sociale, c'est de mettre la sécurité sociale. Moi, je vais beaucoup plus loin que ça.
"Si on regarde juste les propositions politiques sans tenir compte du contexte historique et culturel, Obama, en l'occurrence, va être considéré comme à ma droite. Et s'il venait ici, il serait considéré comme un ignoble fasciste, parce qu'il est pour la peine de mort, etc. (...) Tout cela pour dire qu'on ne peut pas comparer." Suite...
