La Libye illustre la vanité de l'Europe de la défense

jeudi 24 mars 2011 12h55
 

par Yves Clarisse

PARIS (Reuters) - La crise libyenne a conforté la France et le Royaume-Uni dans leur opinion que l'Europe de la défense restait une chimère, l'Allemagne ayant démontré qu'elle demeurait allergique à toute intervention militaire.

La France a longtemps poursuivi le rêve d'une Europe-puissance capable de mener des opérations d'envergure de manière autonome par rapport à l'encombrant allié américain, provoquant de fortes tensions avec le Royaume-Uni.

Mais l'intervention de la coalition en Libye a encore renforcé le scepticisme des autorités françaises, qui vivent actuellement une véritable lune de miel avec le Royaume-Uni et ne cachent pas leur déception vis-à-vis de l'Allemagne.

"Il ne faut pas manier la langue de bois, il y a des divergences, a déclaré mercredi Alain Juppé. La divergence, elle est sur l'utilisation de la force militaire. Il y a un pays qui est radicalement hostile (...), c'est l'Allemagne."

"D'autres pays partagent cette prudence, mais c'est l'Allemagne qui s'y est opposée", a-t-il dit à la presse.

Le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a expliqué jeudi qu'il vivait très mal cette situation.

"C'est une vraie souffrance pour moi qui suis très européen, je me rends compte que l'Angleterre et la France ont la même vision assez responsable et parfois tragique du monde, les autres pays ont perdu l'idée d'être responsables du large environnement", a-t-il déclaré sur Europe 1.

Le couple franco-allemand, moteur de l'Union européenne, notamment dans la grave crise financière qui a menacé l'euro, a clairement trouvé ses limites sur ce dossier.   Suite...

 
<p>Lors du Conseil européen du 11 mars, consacré en grande partie à la situation en Libye, les divergences entre l'Allemagne d'Angela Merkel, qui refuse d'intervenir militairement contre Mouammar Kadhafi, et la France et le Royaume-Uni, ont conforté ces derniers dans l'idée que l'Europe de la Défense restait une chimère. /Photo prise le 11 mars 2011/REUTERS/Yves Herman</p>