La tension monte entre le gouvernement et les magistrats

lundi 14 février 2011 11h47
 

PARIS (Reuters) - Des fuites concernant le rapport d'enquête administrative sur le suivi de Tony Meilhon, meurtrier présumé de la jeune Laëtitia Perrais, ont fait monter la tension lundi entre le pouvoir exécutif et les magistrats.

Les juridictions françaises sont engagées depuis une dizaine de jours dans un conflit inédit avec renvoi des audiences non urgentes pour protester contre des propos de Nicolas Sarkozy leur imputant une responsabilité indirecte dans ce crime.

Soixante-dix juridictions sur 193 ont déjà reconduit le mouvement, trois y ont mis fin et des décisions sont attendues ce lundi pour les autres, disent les syndicats.

Alors que le ministre de la Justice Michel Mercier doit recevoir lundi après-midi l'intersyndicale pour lui remettre les rapports d'inspection effectuées chez les juges et dans l'administration pénitentiaire, Le Figaro en publie lundi ce qui est présenté comme les conclusions de ces enquêtes.

Elles mentionneraient des fautes individuelles. Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la magistrature (SM, classé à gauche), a estimé qu'il s'agissait d'un "plan de communication" gouvernemental élaboré pendant le week-end.

"C'est inacceptable de faire fuiter des éléments parcellaires et orientés avant que les syndicats aient eu connaissance du rapport", a-t-il dit à Reuters.

L'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire) s'est également déclarée mécontente. "Que des extraits soient publiés, comme par hasard, dans Le Figaro, nous remonte encore plus", a dit Virginie Valton, vice-présidente du syndicat.

Tony Meilhon, sorti de prison en février 2010 après avoir purgé en intégralité et durant onze ans des peines pour plusieurs délits, devait respecter une "mise à l'épreuve".

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<p>Manifestation devant le palais de justice de Marseille, jeudi dernier. Des fuites concernant le rapport d'enqu&ecirc;te administrative sur le suivi de Tony Meilhon, meurtrier pr&eacute;sum&eacute; de la jeune La&euml;titia Perrais, ont fait monter la tension lundi entre le pouvoir ex&eacute;cutif et les magistrats. Les juridictions fran&ccedil;aises sont engag&eacute;es depuis une dizaine de jours dans un conflit in&eacute;dit avec renvoi des audiences non urgentes pour protester contre des propos de Nicolas Sarkozy leur imputant une responsabilit&eacute; indirecte dans ce crime. /Photo prise le 10 f&eacute;vrier 2011/REUTERS/Jean-Paul P&eacute;lissier</p>