17 janvier 2011 / 20:46 / il y a 7 ans

Soeur Marie Simon-Pierre raconte sa "seconde naissance"

par Jean-François Rosnoblet

<p>Soeur Marie Simon-Pierre, une religieuse fran&ccedil;aise de 49 ans, a livr&eacute; lundi le t&eacute;moignage de sa gu&eacute;rison de la maladie de Parkinson, une "seconde naissance" &agrave; l'origine de la b&eacute;atification, le 1er mai prochain, de feu le pape Jean-Paul II. Elle affirme avoir &eacute;t&eacute; gu&eacute;rie par l'intercession de l'ancien pape en juin 2005, deux mois apr&egrave;s la mort du souverain pontife. /Photo prise le 17 janvier 2011/REUTERS/Jean-Paul P&eacute;lissier</p>

AIX-EN-PROVENCE, Bouches-du-Rhône (Reuters) - Une religieuse française de 49 ans, soeur Marie Simon-Pierre, a livré lundi le témoignage de sa guérison de la maladie de Parkinson, une “seconde naissance” à l‘origine de la béatification, le 1er mai prochain, de feu le pape Jean-Paul II.

Elle affirme avoir été guérie par l‘intercession de l‘ancien pape en juin 2005, deux mois après la mort du souverain pontife. Sa maladie, diagnostiquée en 2001, a subitement disparu selon elle après plusieurs jours de prières pour le pape disparu.

“Ça s‘est passé dans la nuit du 2 au 3 juin. Quand je me suis levée, vers quatre heures et demie du matin, j’étais guérie”, a-t-elle raconté devant la presse à l‘archevêché d‘Aix-en-Provence.

“A mon réveil, j‘ai bien senti que je n’étais plus la même. Il n‘y avait plus cette raideur des muscles, je pouvais me mouvoir normalement. Pour moi, c‘est une nouvelle naissance, c‘est ma seconde naissance”, a-t-elle ajouté.

La veille, soeur Marie Simon-Pierre avait annoncé à sa supérieure son intention d‘arrêter son travail de surveillante dans une maternité de Puyricard, près d‘Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), en raison de l‘aggravation de la maladie.

“Je lui ai dit de prendre un crayon et d’écrire le nom de Jean-Paul II”, se souvient la supérieure générale de l‘Institut des petites soeurs des maternités catholiques, mère Marie Thomas. “J‘ai vu l’écriture très abîmée et illisible. Au fond de moi, je me suis dit qu‘il n‘y avait plus rien à faire qu‘espérer”.

Le Vatican a attribué à Jean Paul II le miracle de la guérison de soeur Marie Simon-Pierre, atteinte de la maladie de Parkinson comme l’était aussi le pape.

Les docteurs envoyés par le Vatican ont affirmé qu‘il n‘y avait aucune explication médicale à sa guérison, même si des doutes ont surgi l‘an passé sur la validité du miracle.

“La guérison de la petite soeur a placé les médecins devant un fait étonnant, voire dérangeant”, a reconnu le père Luc Marie Lalanne, chargé par l’évêque diocésain d‘instruire le dossier entre le 17 mars 2006 et le 23 mars 2007.

L‘enquête a conduit à l‘audition d‘une quinzaine de témoins, à la constitution d‘un dossier médical agrémenté d‘examens complémentaires et à la création d‘une commission médicale d‘experts. Les actes de l‘enquête ont été déposés à la Congrégation pour les causes des saints au Vatican le 2 avril 2007.

PRÉLUDE À LA BÉATIFICATION

Prélude à la béatification de son prédécesseur le 1er mai, le décret de reconnaissance du miracle a été pris vendredi par le pape Benoît XVI.

Dans l‘Eglise catholique romaine, la béatification est la dernière étape avant la canonisation.

“Pour moi, cette béatification est une profonde action de grâce et une très grande reconnaissance à Jean-Paul II pour tout ce qu‘il a fait lors de son pontificat et dans toute sa vie”, a déclaré la religieuse miraculée, qui a émis le souhait d’être présente à la cérémonie.

Elle a estimé que sa guérison était une grâce non seulement pour elle, mais aussi pour d‘autres.

“Depuis ma guérison, il y a eu beaucoup de demandes de prières qui nous sont parvenues de beaucoup de pays”, a-t-elle dit. “A tous ces malades, je voudrais dire qu‘il ne faut pas baisser les bras. Au bout du tunnel, il y a toujours une petite lumière”.

Pour le porte-parole de la Conférence des évêques de France, “soeur Marie Simon-Pierre, c‘est l‘anti-star”.

“Elle a reçu quelque chose de plus grand qu‘elle, elle n‘en fait pas sa propriété mais elle le partage”, a ajouté Mgr Bernard Podvin. “C‘est une femme ordinaire, aujourd‘hui mondialement connue, qui a conservé une immense humilité”.

Premier pape venu d‘Europe de l‘Est, Jean Paul II a contribué à la chute du communisme en 1989 avant de fustiger les excès du libéralisme et les dictatures de droite ou de gauche.

Acquis aux valeurs familiales catholiques, il a combattu l‘avortement, la contraception, l‘union libre, le divorce et l‘homosexualité, ce qui lui a en grande partie aliéné l‘aile libérale de l‘Eglise.

Parallèlement, il multipliait les gestes de conciliation envers le judaïsme, les Eglises protestante et orthodoxe et l‘islam, amplifiant l‘action oecuménique de ses prédécesseurs.

Sportif en pleine forme lors de son élection en 1978, il a connu un long calvaire dû à la dégradation de sa santé dans la dernière phase de son pontificat.

“Je n‘entends pas sa voix, il ne me répond pas, mais il m‘arrive de lui parler. Pour cette conférence de presse, je lui ai par exemple dit de rester très proche à mes côtés”, a conclu soeur Marie Simon-Pierre. “C‘est un rapport qui grandit de jour en jour dans la prière”.

Edité par Elizabeth Pineau

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