13 décembre 2010 / 16:12 / il y a 7 ans

Marine Le Pen "persiste et signe" à propos de "l'Occupation"

NANTERRE, Hauts-de-Seine (Reuters) - La vice-présidente du Front national, Marine le Pen, s‘est défendue lundi de tout dérapage, affirmant avoir mûrement réfléchi ses propos du week-end sur les prières de rue.

<p>La vice-pr&eacute;sidente du Front national, Marine le Pen, s'est d&eacute;fendue lundi de tout d&eacute;rapage apr&egrave;s des propos ce week-end comparant les "pri&egrave;res de rue" des musulmans &agrave; l'Occupation. /Photo prise le 1er septembre 2010/REUTERS/Jacky Naegelen</p>

Lors d‘une allocution prononcée au siège de son parti, à Nanterre, la dirigeante d‘extrême droite a dit n‘avoir fait que décrire une réalité. “S‘agissant du terme ‘occupation’, je persiste et je signe”, a-t-elle déclaré devant la presse.

“Mes propos ne constituent en aucune manière un dérapage, mais bien une analyse tout à fait réfléchie, d‘autant plus assumée qu‘elle ne procède que d‘une banale constatation d‘une réalité physique et juridique”, a-t-elle ajouté.

Marine Le Pen a donné une liste de rues de Paris et de villes victimes selon elle d‘un “phénomène d‘occupation de rues loin d’être marginal”.

“Ces occupations physiques du domaine public, qui interdisent les rues toutes les semaines, sont souvent accompagnées de haut-parleurs qui diffusent le prêche en arabe à de très forts volumes dans toute la rue, audibles sur plusieurs pâtés de maisons”, a-t-elle dit.

La majorité et l‘opposition ont unanimement dénoncé les propos tenus vendredi soir à Lyon par la vice-présidente du FN, semblant faire un lien entre les prières de rue et l‘Occupation allemande pendant la Seconde Guerre mondiale, avant de démentir auprès de Reuters le lendemain ce rapprochement.

La Ligue des droits de l‘homme et le Mouvement contre le racisme et pour l‘amitié entre les peuples (Mrap) ont porté plainte pour incitation à la haine raciale.

Affirmant une fois de plus “dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas”, Marine Le Pen a souligné que “le principe de liberté religieuse n‘autorise pas tout et n‘importe quoi”.

“En refusant de condamner l‘inadmissible comportement de ceux qui violent la loi, l‘UMPS et ses acolytes effectuent un amalgame entre l‘islam et islamisme et participent à la crispation légitime des Français”, a-t-elle dit.

“PROVOCATION SUPPLÉMENTAIRE”, DIT BAROIN

“Cette petite tempête dans un verre d‘eau a comme d‘habitude fait ressortir de leur terrier les professionnels de la subvention, de la publicité facile, des autorités prétendument morale de l‘antiracisme”, a-t-elle ajouté.

En réponse à la plainte du Mrap, Marine Le Pen a dit son intention de saisir le ministère de l‘Intérieur du cas de cette organisation “qui reçoit des subsides indécents des pouvoirs publics”.

Le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a dénoncé lundi matin la “provocation supplémentaire” de Marine Le Pen.

“Le Pen père et fille ont de tous temps, en tous lieux et toutes circonstances expliqué que la gauche et la droite c’était blanc bonnet et bonnet blanc. A ceux qui s‘interrogeaient sur le thème: la fille est un peu plus présentable que le père, c‘est bonnet blanc et blanc bonnet”, a-t-il dit sur France 2.

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a estimé sur Public Sénat que Marine le Pen portait “aujourd‘hui un discours de plus en plus à droite qui a été ouvert par le président (de la République) sur l‘identité nationale, qui ne s‘est pas présenté comme la défense de l’égalité, de la tolérance, de la fraternité mais, une fois de plus, en opposant les Français aux étrangers”.

“Elle nous dit aujourd‘hui ‘je suis l‘avocate des pauvres contre les riches’. Elle n‘apporte évidemment aucune solution”, souligne la maire de Lille.

Jean-Luc Bennhamias, vice-président du Mouvement démocrate, a déploré le “jeu médiatique autour de Marine Le Pen”. “Les Français de toutes origines savent bien que ce qu‘elle a dit est complètement stupide”, a-t-il dit au Talk Orange-Le Figaro.

Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, demande, lui, “que l‘on cesse de faire la courte échelle au Front national”. Il dénonce dans un communiqué “un système de promotion écoeurant”.

Pour Hassan Ben M‘Barek, président du collectif Banlieues Respect, “il y a une radicalisation du discours”.

“On nous renvoie constamment à notre identité de musulmans. Ce concept d‘agression territoriale est mal vécu en banlieue, notamment par les populations de confession musulmane”, a-t-il dit à Reuters.

Jacky Naegelen, avec Elizabeth Pineau à Paris, édité par Gilles Trequesser

0 : 0
  • narrow-browser-and-phone
  • medium-browser-and-portrait-tablet
  • landscape-tablet
  • medium-wide-browser
  • wide-browser-and-larger
  • medium-browser-and-landscape-tablet
  • medium-wide-browser-and-larger
  • above-phone
  • portrait-tablet-and-above
  • above-portrait-tablet
  • landscape-tablet-and-above
  • landscape-tablet-and-medium-wide-browser
  • portrait-tablet-and-below
  • landscape-tablet-and-below