12 octobre 2010 / 12:31 / il y a 7 ans

Montée en puissance de l'opposition sur les retraites

PARIS (Reuters) - L‘opposition à la réforme des retraites s‘est amplifiée et radicalisée mardi en France, ce qui n‘a pas empêché le gouvernement de réaffirmer sa détermination à mener le projet à son terme pour éviter une “catastrophe”.

<p>Manifestation &agrave; Bordeaux. L'opposition &agrave; la r&eacute;forme des retraites est entr&eacute;e dans une phase de radicalisation pour tenter de faire plier le gouvernement par le biais de manifestations de masse et de gr&egrave;ves reconductibles. /Photo prise le 12 octobre 2010/REUTERS/R&eacute;gis Duvignau</p>

Confronté à des manifestations qui ont rassemblé de 1,23 à 3,5 millions de personnes selon les sources - un record depuis le début du mouvement -, et à des grèves reconductibles, l‘exécutif a répété qu‘il ne céderait pas.

“Je le dis très solennellement à cette heure devant l‘Assemblée nationale, nous sommes décidés à mener cette réforme à son terme”, a déclaré le Premier ministre, François Fillon, lors des questions d‘actualité au Palais-Bourbon.

Revenir sur la retraite à 62 ans serait “une folie économique et une catastrophe sociale”, a-t-il ajouté.

Le gouvernement a reconnu que la mobilisation avait été plus forte que lors des précédentes journées puisque le ministère de l‘Intérieur a compté 1,23 million de manifestants, plus que le dernier record de 1,12 million, le 7 septembre.

La CGT et la CFDT estiment que près de 3,5 millions de personnes ont manifesté dans les rues de France, un demi-million de plus que lors des mobilisations passées les plus puissantes.

“Gouvernement et parlement ont une lourde responsabilité: ils ne peuvent ignorer les manifestations”, a estimé la CFDT.

COMME EN 2006 ?

Le premier secrétaire du Parti socialiste, Martine Aubry, a appelé le gouvernement à tirer les leçons de “la plus grande vague de manifestations” organisée en France depuis longtemps.

“J‘en appelle au président de la République, garant de l‘unité de notre pays et de la cohésion sociale. Je lui demande de retirer son projet, de recevoir les syndicats et les partis de gauche, afin d‘engager enfin les négociations et la réforme qu‘attendent les Français”, dit-elle dans un communiqué.

L‘exécutif a tenté de couper l‘herbe sous les pieds des centrales syndicales en faisant adopter au Sénat les principales mesures de son projet de loi avant cette nouvelle journée de mobilisation qui sera rééditée samedi dans toute la France.

Après les députés, les sénateurs ont adopté lundi soir le report de 65 à 67 ans de l’âge pour une retraite à taux plein, avec quelques concessions pour les parents de familles nombreuses. Le report de 60 à 62 ans de l’âge légal de départ à la retraite avait déjà été adopté par les deux assemblées.

<p>Manifestants &agrave; Nantes. L'opposition &agrave; la r&eacute;forme des retraites s'est amplifi&eacute;e et radicalis&eacute;e mardi, ce qui n'a pas emp&ecirc;ch&eacute; le gouvernement de r&eacute;affirmer sa d&eacute;termination &agrave; mener le projet &agrave; son terme pour &eacute;viter une "catastrophe". Les manifestations ont rassembl&eacute; de 1,23 &agrave; 3,5 millions de personnes selon les sources. /Photo prise le 12 octobre 2010/REUTERS/St&eacute;phane Mah&eacute;</p>

La stratégie du gouvernement est claire: le coeur de la réforme adopté par la représentation nationale, la contestation n‘a plus de raison d’être et le mouvement devrait s’étioler.

Mais les syndicats estiment que rien n‘est joué alors que six Français sur dix, selon deux sondages CSA et BVA, sont favorables à une montée en puissance des actions, qui ont pris la forme de grèves reconductibles dans certains secteurs stratégiques, comme l’énergie, les ports ou les transports.

“Nous allons continuer, la mobilisation ne va pas s‘arrêter au motif que les sénateurs ont voté”, a déclaré dans le cortège parisien le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault.

Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière, a fait allusion à ce qui s’était passé en 2006 avec le contrat première embauche (CPE), retiré par le gouvernement alors qu‘il avait pourtant été adopté par le Parlement.

PÉNURIES DE CARBURANT POSSIBLES

Sur le terrain, si le blocage des lycées s‘est déroulé sur un mode mineur, avec 360 établissements sur 4.302 touchés à des degrés divers, les lycéens ont manifesté par dizaines de milliers - entre 35.000 et 70.000 selon leurs syndicats.

C‘est sur le front des grèves que la radicalisation sera mesurée avec le plus de précision puisque, contrairement aux journées précédentes, le mouvement est reconductible.

La journée de mercredi sera donc un test de la capacité de mobilisation de la base la plus radicale avec un premier signal à la SNCF, où les assemblées générales de cheminots qui se sont tenues mardi ont toutes reconduit la grève pour mercredi.

Pour Bruno Duchemin, secrétaire général de la Fgaac-CFDT, le succès des manifestations de mardi va galvaniser ses troupes.

“Le tournant du mouvement interviendra jeudi ou vendredi. Si les arrêts de travail sont reconduits, il y aura la grève jusqu’à lundi. Si on passe le week-end, on n‘arrête plus.”

Le trafic aérien a été lui aussi perturbé, dans une mesure similaire à celle des journées précédentes de grève, avec par exemple une réduction de 50% des vols à l‘aéroport d‘Orly et de 30% à Roissy-Charles de Gaulle.

Les salariés de huit des douze raffineries françaises sont désormais en grève et des pénuries locales pourraient intervenir dès la semaine prochaine selon l‘Union française des industries pétrolières (Ufip) si la production ne reprend pas.

Service France, édité par Yves Clarisse

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