Les syndicats lycéens voient la grogne s'amplifier

lundi 11 octobre 2010 16h47
 

Le mouvement lycéen vient s'ajouter à l'appel à une journée "facs mortes" lancé pour le 12 octobre par la première organisation étudiante, l'Unef. Les étudiants "doivent prendre toute leur part" dans la lutte, renchérit Sud-Etudiants lundi dans un communiqué.

Cette levée de boucliers semble inquiéter le gouvernement, qui a évité jusqu'ici toute confrontation avec la jeunesse en retirant par exemple la réforme des lycées Darcos en 2008 ou, plus récemment, en renonçant à supprimer l'aide au logement des étudiants fiscalement rattachés à leurs parents.

Ce week-end, le conseiller social de l'Elysée, Raymond Soubie, a jugé "totalement irresponsable que des adultes en situation de responsabilité dans certaines organisations invitent les lycéens à aller dans la rue".

Luc Chatel a dénoncé des "tentatives de récupérations ou d'irresponsabilité de personnes qui veulent mettre les lycéens en danger".

"Manifester sur la voie publique c'est dangereux", a-t-il rappelé, alors que deux jeunes filles ont été blessées au visage en marge d'une action lycéenne en Haute-Savoie.

Quant au chef des députés UMP, Jean-François Copé, il pense que "les lycéens n'ont rien à faire dans la rue".

Des propos interprétés par les lycéens comme des signes de nervosité de la part de l'exécutif.

"Les déclarations du week-end sont une preuve réelle que le gouvernement craint cette mobilisation", estime Victor Colombani, qui rejette toute idée de manipulation.

"Dire que c'est dangereux de descendre dans la rue, c'est quand même une atteinte au droit fondamental d'expression que les lycéens doivent aussi avoir", ajoute-t-il, saluant "un mouvement réellement intergénérationnel".   Suite...

 
<p>Jeunes manifestants &agrave; Lyon lors de la journ&eacute;e de mobilisation contre la r&eacute;forme des retaites le 23 septembre dernier. Pour les organisations lyc&eacute;ennes, le trouble dont fait preuve le gouvernement face &agrave; la mobilisation des jeunes contre ce texte est la preuve du poids d'un mouvement appel&eacute; &agrave; s'amplifier. /Photo prise le 23 septembre 2010/REUTERS/Robert Pratta</p>