11 octobre 2010 / 05:22 / il y a 7 ans

Semaine sous tension dans la bataille sur les retraites

<p>Pr&eacute;paratifs de militants de la FSU, lundi &agrave; Marseille. Syndicats et gouvernement abordent une phase d&eacute;cisive dans leur bras de fer sur la r&eacute;forme des retraites avec deux nouvelles journ&eacute;es d'action, mardi et samedi, tandis que l'examen du texte se poursuit au S&eacute;nat. /Photo prise le 11 octobre 2010/Jean-Paul P&eacute;lissier</p>

PARIS (Reuters) - Syndicats et gouvernement abordent une phase décisive dans leur bras de fer sur la réforme des retraites avec deux nouvelles journées d'action, mardi et samedi, tandis que le Sénat vient d'adopter le deuxième volet majeur d'un texte très controversé.

Pour la première fois, les grèves devraient se prolonger dans certains secteurs d'activité, en particulier dans les transports et l'énergie, témoignant d'un durcissement du mouvement.

Lycéens et étudiants sont également appelés à se mobiliser alors que six Français sur dix, selon deux sondages CSA et BVA, sont favorables à cette montée en puissance des actions.

Des dirigeants syndicaux disent espérer une mobilisation supérieure aux précédentes - un à trois millions de manifestants selon les sources - en misant davantage sur les cortèges que sur les grèves, trop coûteuses pour les salariés.

Sur France Inter, puis Canal+, le dirigeant de la CFDT, François Chérèque, a estimé qu'il s'agissait de "l'une des dernières occasions de faire reculer le gouvernement."

"On est face à un mur, ou on passe au-dessus ou on casse", a renchéri Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force ouvrière sur RMC.

En dépit de cinq précédentes journées de mobilisation, les syndicats n'ont pas réussi à faire fléchir le gouvernement sur le coeur de sa réforme, que les syndicalistes jugent "injuste" pour les Français les plus fragiles.

L'exécutif reste en effet inflexible sur le relèvement des âges pivots - de 60 à 62 ans pour l'âge légal et de 65 à 67 ans pour une retraite sans décote -, seul moyen selon lui de préserver les régimes de retraite, dont les déficits ont bondi avec la crise économique.

L'INCONNUE DES JEUNES

Le Sénat a adopté lundi l'article 6 de la réforme qui repousse de 65 à 67 ans l'âge permettant d'obtenir une retraite à taux plein quel que soit le nombre de trimestres cotisés.

Les sénateurs avaient validé vendredi l'autre le volet le plus important du texte, le report de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite.

Les dirigeants du gouvernement espèrent désormais éviter une mobilisation massive des jeunes, qui aiderait à ancrer la contestation dans la durée avec des risques de radicalisation.

Certaines centrales syndicales, comme la CGT et Sud, ont brandi en outre la menace de grèves reconductibles dans des secteurs comme les transports et l'énergie, faisant courir un risque de paralysie.

Les centrales syndicales n'appellent pas directement à des grèves illimitées, laissant l'initiative à certaines fédérations, qui se prononceront à partir de mercredi matin.

La journée de mercredi sera donc un test de la capacité de mobilisation de la base la plus radicale.

Les cheminots, traditionnellement en pointe dans ce type de conflit, se sont dits prêts à tenir plusieurs jours à condition que d'autres secteurs, y compris dans le secteur privé, se lancent dans la grève.

La grève sur les terminaux pétroliers proches de Marseille contre la réforme portuaire est entrée lundi dans son 15e jour, ce qui pourrait en outre provoquer des pénuries localisées de carburant d'ici une à deux semaines.

PERTURBATIONS EN VUE

Avant cette nouvelle semaine d'action syndicale, soutenue par l'opposition de gauche, les responsables de droite ont multiplié les appels pour éviter une mobilisation massive dans les lycées, où la contestation s'est accrue la semaine dernière.

Le ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, a dénoncé "l'irresponsabilité de personnes qui veulent mettre les lycéens en danger".

"Manifester sur la voie publique c'est dangereux", a-t-il souligné sur France Info. "Les lycéens n'ont rien à faire dans la rue", a renchéri le chef des députés UMP, Jean-François Copé, dimanche sur Radio J.

"On verra demain, mais la mobilisation est là. Il n'y a pas de raison que ça s'arrête", a répondu Victor Colombani, président de l'Union nationale lycéenne (UNL), à Reuters.

L'Unef, première organisation étudiante, a également appelé à une journée "facs mortes" mardi.

Dans les transports, la SNCF et la RATP prévoient d'importantes perturbations.

Le secteur aérien sera lui aussi perturbé avec un trafic réduit de 50% à Orly et de 30% à Roissy, selon la direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Selon un sondage Ipsos pour Europe 1, une large majorité des Français estime que les grèves dureront en fait plusieurs jours.

Service France, édité par Yves Clarisse et Patrick Vignal

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