La rentrée s'annonce difficile pour Nicolas Sarkozy
par Yann Le Guernigou
PARIS (Reuters) - Nicolas Sarkozy regagne Paris en début de semaine pour une rentrée qui s'annonce agitée avec la perspective d'une forte mobilisation contre la réforme des retraites et d'une équation budgétaire 2011 complexe à résoudre.
La situation paraît d'autant plus délicate pour le chef de l'Etat que sa cote de popularité reste très basse et que son bilan économique et social est jugé mauvais dans les sondages au moment où emploi et croissance sont les thèmes prioritaires pour les Français, soulignent les spécialistes de l'opinion.
Les affaires du début de l'été impliquant plusieurs ministres, en premier lieu les soupçons de conflit d'intérêts pesant sur celui du Travail Eric Woerth dans le dossier Bettencourt, ont alourdi un climat déjà morose.
L'annonce, plus de trois mois à l'avance, d'un remaniement qui débouchera fin octobre sur un gouvernement resserré n'a pas non plus contribué à la sérénité dans les cabinets ministériels.
La trêve estivale a été dominée par un virulent débat sécuritaire provoqué par les annonces faites fin juillet à Grenoble par le président, qui ont créé des remous jusqu'au sein de la majorité.
L'opposition, jugée moins à l'aise sur ce terrain par une majorité de Français, y a vu une tentative de "diversion" par rapport aux difficultés du pouvoir.
"Nicolas Sarkozy a échoué sur la sécurité, il a échoué sur l'économie, il veut sortir de la tourmente de l'affaire Woerth-Bettencourt", estime le député socialiste Manuel Valls dans une interview au Journal du Dimanche.
Le débat risque de se prolonger avec l'examen par le Parlement des mesures alors avancées, dont celle très controversée prévoyant la déchéance de la nationalité française pour certains délinquants d'origine étrangère. Celle-ci fera l'objet d'un amendement au projet de loi sur l'immigration débattu à partir du 27 septembre à l'Assemblée nationale. Suite...

