Cannes: le festival honore des filmographies oubliées

lundi 24 mai 2010 09h29
 

CANNES (Reuters) - Le jury du 63e Festival de Cannes a distingué dimanche soir des filmographies qui ont du mal, ne serait-ce qu'à survivre, dans des pays dont, de surcroît, la situation politique est extrêmement troublée.

C'est ainsi que le cinéaste thaïlandais Apitchatpong Weerasetakhul s'est vu décerner la Palme d'or par le jury présidé par le cinéaste américain Tim Burton, pour son film contemplatif, à consonance mystique, "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures".

Apitchatpong Weerasethakul avait déjà obtenu le Prix du Jury en 2004 pour "Tropical Malady".

Il a exprimé le voeu que cette Palme apporte un peu d'espoir à son pays meurtri par des affrontements entre le pouvoir en place et les "chemises rouges".

"Je pense que le fait de recevoir cette récompense signifie beaucoup pour moi en tant que cinéaste, mais en même temps la Thaïlande a besoin d'espoir, d'autres formes d'espoir, car la situation est très grave", a-t-il déclaré durant la conférence de presse suivant la remise des prix.

Il a rappelé qu'il avait failli rater son rendez-vous cannois à cause de la situation politique locale qui aurait pu empêcher son départ.

Il voit dans cette Palme d'or une reconnaissance envers un certain cinéma d'auteur et il a fustigé un monde qui devient peu à peu "monoculturel".

"J'essaye de faire un type de cinéma différent, qui lance un défi au public pour que le cinéma aille plus loin, car c'est après tout un art récent", a dit le cinéaste.

"Et j'espère que ce sera une inspiration, notamment pour les jeunes, parce que partout dans le monde nous devenons soumis à une monoculture, une culture unique", a-t-il ajouté, jugeant que le cinéma était l'un des moyens de mieux comprendre les différences culturelles.   Suite...

 
<p>Le cin&eacute;aste tha&iuml;landais Apitchatpong Weerasetakhul s'est vu d&eacute;cerner la Palme d'or dimanche par le jury du festival de Cannes pr&eacute;sid&eacute; par le cin&eacute;aste am&eacute;ricain Tim Burton, pour son film contemplatif, &agrave; consonance mystique, "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies ant&eacute;rieures". /Photo prise le 23 mai 2010/REUTERS/Vincent Kessler</p>