24 mai 2010 / 07:20 / il y a 7 ans

Cannes: le festival honore des filmographies oubliées

<p>Le cin&eacute;aste tha&iuml;landais Apitchatpong Weerasetakhul s'est vu d&eacute;cerner la Palme d'or dimanche par le jury du festival de Cannes pr&eacute;sid&eacute; par le cin&eacute;aste am&eacute;ricain Tim Burton, pour son film contemplatif, &agrave; consonance mystique, "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies ant&eacute;rieures". /Photo prise le 23 mai 2010/Vincent Kessler</p>

CANNES (Reuters) - Le jury du 63e Festival de Cannes a distingué dimanche soir des filmographies qui ont du mal, ne serait-ce qu'à survivre, dans des pays dont, de surcroît, la situation politique est extrêmement troublée.

C'est ainsi que le cinéaste thaïlandais Apitchatpong Weerasetakhul s'est vu décerner la Palme d'or par le jury présidé par le cinéaste américain Tim Burton, pour son film contemplatif, à consonance mystique, "Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies antérieures".

Apitchatpong Weerasethakul avait déjà obtenu le Prix du Jury en 2004 pour "Tropical Malady".

Il a exprimé le voeu que cette Palme apporte un peu d'espoir à son pays meurtri par des affrontements entre le pouvoir en place et les "chemises rouges".

"Je pense que le fait de recevoir cette récompense signifie beaucoup pour moi en tant que cinéaste, mais en même temps la Thaïlande a besoin d'espoir, d'autres formes d'espoir, car la situation est très grave", a-t-il déclaré durant la conférence de presse suivant la remise des prix.

Il a rappelé qu'il avait failli rater son rendez-vous cannois à cause de la situation politique locale qui aurait pu empêcher son départ.

Il voit dans cette Palme d'or une reconnaissance envers un certain cinéma d'auteur et il a fustigé un monde qui devient peu à peu "monoculturel".

"J'essaye de faire un type de cinéma différent, qui lance un défi au public pour que le cinéma aille plus loin, car c'est après tout un art récent", a dit le cinéaste.

"Et j'espère que ce sera une inspiration, notamment pour les jeunes, parce que partout dans le monde nous devenons soumis à une monoculture, une culture unique", a-t-il ajouté, jugeant que le cinéma était l'un des moyens de mieux comprendre les différences culturelles.

LA FAMILLE DU CINÉMA

<p>Le Prix du Jury du 63e Festival de Cannes a &eacute;t&eacute; attribu&eacute; dimanche au r&eacute;alisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun pour son long m&eacute;trage "L'homme qui crie", qui est l'histoire d'une trahison, celle d'un p&egrave;re envers son fils, enr&ocirc;l&eacute; de force dans l'arm&eacute;e d'un pays en pleine d&eacute;composition, puis d'une r&eacute;demption. /Photo prise le 23 mai 2010/Eric Gaillard</p>

Le Prix du Jury échoit au réalisateur tchadien Mahamat-Saleh Haroun pour son long métrage "L'homme qui crie", qui est l'histoire d'une trahison, celle d'un père envers son fils, enrôlé de force dans l'armée d'un pays en pleine décomposition, puis d'une rédemption.

Les films traitant de la paternité sous les angles les plus divers ont été légion durant ce 63e Festival de Cannes.

Mahamat-Saleh Haroun a salué la "diversité" d'un palmarès qui a couronné des films "exigeants" et félicité le président du jury Tim Burton pour sa cinéphilie.

"Je la prends (cette distinction) comme une invitation à faire partie de cette famille du cinéma", a déclaré le cinéaste, allusion implicite à une forme de reconnaissance d'une cinématographie d'Afrique noire qui en a le plus grand besoin.

Le cinéma français, souvent boudé par les palmarès, repart lui aussi bien doté et tend à se distinguer depuis la Palme d'or d'"Entre les murs" en 2008.

Ainsi, "Des hommes et des dieux", de Xavier Beauvois, lauréat du Prix du Jury en 1995 pour "N'oublie pas que tu vas mourir", repart avec le Grand Prix, la plus haute récompense cannoise après la Palme d'or. Il rejoint ainsi Jacques Audiard, qui avait reçu la même distinction l'an passé.

Le cinéma français est encore honoré par un Prix de la mise en scène attribué à Mathieu Amalric pour "Tournée" et par un Prix d'interprétation féminine décerné à Juliette Binoche pour sa performance dans "Copie conforme" du cinéaste iranien Abbas Kiarostami.

Deux acteurs se partagent le Prix d'interprétation masculine, l'Espagnol Javier Bardem, pour "Biutiful", du cinéaste mexicain Alejandro Gonzalez Inarritu, et l'Italien Elio Germano, pour "La Nostra Vita", de Daniele Luccheti.

Enfin, la Corée du Sud, qui avait deux films en compétition, quittera Cannes avec le Prix du Scénario décerné à "Poetry", du cinéaste Lee Chang-dong.

Wilfrid Exbrayat édité par Nicole Dupont

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