12 mars 2010 / 18:46 / il y a 7 ans

Tension à la prière du vendredi à la mosquée de Drancy

<p>TENSIONS AUTOUR DE LA MOSQU&Eacute;E DE DRANCY</p>

par Elizabeth Pineau

DRANCY, Seine-Saint-Denis (Reuters) - "Laissez notre mosquée tranquille !" Devant la mosquée de Drancy, bâtiment moderne de briques rouges jouxtant un centre commercial, des musulmanes interpellent des manifestants.

"Je suis musulman, j'ai le droit d'entrer", réplique Abdel Hakim Sefrioui, du collectif pro-palestinien Cheikh Yacine. "On m'interdit d'entrer chez moi !", lance-t-il en prenant un policier à témoin.

Des tensions ont accompagné la prière du vendredi à la mosquée de Drancy, en Seine-Saint-Denis, théâtre depuis quelques semaines de frictions entre le gérant du lieu, Hassan Chalghoumi, et le collectif pro-palestinien Cheikh Yacine.

Dirigeant de l'association al-Nour (Lumière), Hassan Chalghoumi est connu pour ses bonnes relations avec la communauté juive et ses prises de position en faveur de la loi contre le voile intégral.

Son association a décidé de fermer la mosquée en début de semaine pour des raisons de sécurité après ce qu'elle a présenté comme une agression du muezzin dans le lieu de prière.

"Ça fait six ou sept semaines qu'on subit des pressions vraiment énormes, on a perdu notre sérénité, on veut la paix, on veut le calme" a dit Hassan Chalghoumi vendredi aux nombreux journalistes venus à sa rencontre.

La veille, plusieurs dizaines de ses fidèles s'étaient rassemblés devant la préfecture, à Bobigny, pour réclamer de bonnes conditions de sécurité.

Ils ont reçu le soutien du député socialiste et président du Conseil général, Claude Bartolone, et du maire Nouveau Centre de Drancy, Jean-Christophe Lagarde.

"TRAÎTRES MUSULMANS !"

"Ces gens-là ne sont pas les bienvenus chez nous", a lancé Hassan Chalghoumi à l'adresse de la trentaine de militants pro-palestiniens rassemblés devant la mosquée.

L'entrée leur a été interdite par un service d'ordre composé de fidèles, parmi lesquels de nombreuses femmes. Des policiers étaient présents sur place et sur le parking voisin de la salle polyvalente abritant le lieu de culte.

Les manifestants ont organisé une prière parallèle à l'extérieur, étalant des tapis sur l'asphalte avant d'enlever leurs chaussures.

Il n'y a eu aucune violence mais quelques échanges verbaux, notamment à la sortie de la prière qui a rassemblé plusieurs centaines de fidèles dans la mosquée.

"Menteurs, hypocrites !", ont lancé les uns. "Traîtres musulmans !" "Le lobby Crif (Conseil représentatif des institutions juives de France-NDLR) il est bien présent dans cette mosquée !", ont répliqué les autres.

Le collectif Cheikh Yacine conteste notamment "la présence de micros et de caméras" à l'intérieur de la mosquée.

"On fabrique des cages pour nous enfermer dedans et nous contrôler", a dit à Reuters Abdel Hakim Sefrioui, qui dénonce une "ingérence du politique et du sionisme dans les affaires des musulmans".

Ahmed Guettouche, membre musulman du conseil municipal de Drancy, a minimisé l'incident.

"On est dans un pays où il y a la liberté d'expression", a-t-il dit à Reuters. "Qu'ils s'expriment, et qu'ils laissent en paix la majorité silencieuse".

Un porte-parole de la Grande mosquée de Paris a souhaité que le calme revienne à Drancy et déploré que le collectif Cheikh Yacine "s'érige en police religieuse".

Avec James Mackenzie et Laurent Hamida, édité par Gilles Trequesser

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