Vents contraires pour les éoliennes en France
par Laure Bretton
PARIS (Reuters) - Sénateurs récalcitrants, préfets sceptiques, habitants coalisés: les freins au développement des éoliennes se multiplient en France, malgré l'engagement du gouvernement pour les énergies renouvelables.
La France doit atteindre 23% d'énergies renouvelables dans le total de sa consommation d'électricité en 2020 pour respecter ses engagements nationaux et européens, et tenter de rallier les autres pays à la cause de l'Union européenne à la conférence internationale de Copenhague sur le climat, à la mi-décembre.
Pour la seule énergie éolienne, l'objectif de production est de 25.000 mégawatts (MW) à cette date, ce qui correspondrait, au niveau technologique actuel, à répartir sur tout le territoire 6.000 mâts blancs supplémentaires coiffés de leurs trois pales.
Mais, alors qu'au Danemark 20% de l'énergie vient du vent, les installations d'éoliennes en France sont en chute libre depuis deux ans.
Selon le Syndicat des énergies renouvelables (SER), on a autorisé l'équivalent de 1.800 MW en 2007, 1.300 MW en 2008 et 900 MW pour les dix premiers mois de 2009.
Actuellement, les 2.500 éoliennes installées sur le sol français produisent environ 4.200 MW. L'éolien produit déjà près de 23.000 MW en Allemagne et 17.000 MW en Espagne.
"Si on continue sur ce rythme, la France ne remplira jamais ses objectifs", prédit la député européenne d'Europe Ecologie Sandrine Bélier qui relève un "paradoxe français".
Devant les caméras, à l'approche du sommet de Copenhague, "on renouvelle les déclarations positives sur l'éolien mais en réalité on complexifie les règles d'installation", explique l'élue qui voit "l'ombre du lobby nucléaire" planer sur les énergies renouvelables. Suite...

