Renvoi en correctionnelle historique pour Jacques Chirac

vendredi 30 octobre 2009 17h03
 

par Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - La justice française a connu un moment historique vendredi avec le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle, décision sans précédent pour un ancien chef de l'Etat depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Dans toute l'histoire du pays, deux chefs d'Etat seulement sont passés en jugement, pour des faits sans commune mesure, Philippe Pétain pour sa collaboration avec l'Allemagne nazie et Louis XVI sous la Révolution.

La décision de renvoyer Jacques Chirac en correctionnelle pour "abus de confiance et détournement de fonds publics", qui vise une affaire relative à ses mandats de maire de Paris (1977-1995), retient contre lui 21 emplois présumés fictifs à son cabinet entre 1992 et 1995, précise une source judiciaire.

Contre l'avis du procureur, qui avait requis un non-lieu en septembre, la juge d'instruction Xavière Simeoni a estimé que les charges étaient suffisantes pour un procès de l'ex-président de la République, après 12 ans d'immunité pénale à l'Elysée.

Il y encourt jusqu'à dix ans de prison, 150.000 euros d'amende et une inéligibilité automatique de dix ans.

La juge a toutefois rendu un non-lieu sur une autre partie des faits antérieurs à 1992, qu'elle juge prescrits, et donc sur les cas de 14 autres emplois litigieux.

Jacques Chirac, qui est actuellement en vacances au Maroc, s'est dit "serein" et décidé à démontrer son innocence, a dit son bureau. Son avocat Me Jean Veil a évoqué l'hypothèse qu'il ne vienne pas à son procès et se fasse représenter.

"Jacques Chirac n'est pas un juriste de formation, je pense que ce sera plutôt un avocat qui évoquera les problèmes de droit", a dit Me Veil sur France 3  Suite...

 
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