L'Assemblée crée une mission d'information sur la burqa
PARIS (Reuters) - L'Assemblée nationale annonce la création d'une mission d'information parlementaire sur le port du voile intégral - burqa ou niqab - par certaines musulmanes, suivant en cela les voeux de Nicolas Sarkozy.
La classe politique est divisée quant à la nécessité de légiférer sur l'interdiction de ce type de vêtement, un "signe d'asservissement" selon les mots utilisés lundi par le président français devant les députés et sénateurs réunis en Congrès.
Les parlementaires, dont une soixantaine se sont saisis de ce sujet la semaine passée, veulent avancer avec prudence et organiser le débat avant une quelconque décision.
La mission parlementaire, composée de 32 députés (17 UMP, 11 socialistes, deux Nouveau Centre et deux du groupe de la gauche démocrate et républicaine (GDR, PC et Vert), débutera ses travaux au mois de juillet.
L'Assemblée nationale lui a donné six mois pour entendre et recenser les différents points de vue et la mission devrait remettre un rapport à la fin de l'année.
"Nous avons choisi cette procédure afin de pouvoir travailler de façon apaisée, concertée, sur ce sujet. Un sujet évidemment complexe pour lequel il faut éviter les attitudes comminatoires sans pour autant être amené à renier les valeurs que la République française porte", a dit Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale.
Cette initiative a reçu le soutien de l'opposition et notamment de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste.
"Une mission d'information, c'est la bonne méthode pour analyser, débattre, auditionner", a-t-il dit. "Quelles que soient les décisions qui seront prises, le port de ce vêtement est quand même une atteinte à la dignité des femmes."
Jean-François Copé, le président du groupe UMP, s'est déclaré "très heureux que, pour une fois, on n'ait pas eu ce très mauvais réflexe de vouloir trouver par la loi la solution à tout" et s'est félicité que les "clivages politiques traditionnels" aient pu être surmontés. Suite...

