Les statistiques ethniques suscitent des oppositions

lundi 23 mars 2009 17h24
 

par Estelle Shirbon et Thierry Lévêque

PARIS (Reuters) - L'utilisation d'une forme de statistiques ethniques en France afin de favoriser la lutte contre les discriminations suscite une vive opposition de la part d'élus, d'organisations antiracistes et d'universitaires.

Cette proposition a été avancée officiellement vendredi par le commissaire à la diversité, Yazid Sabeg.

L'Elysée se montrait très prudent lundi. "On attend le travail qui a été fait et on verra. C'est un sujet délicat", a-t-on déclaré dans l'entourage du chef de l'Etat.

Yazid Sabeg suggère de soumettre au Parlement un projet de loi visant à doter la France d'outils ressemblant à des statistiques ethniques afin de mener une politique, sinon de "discrimination positive", du moins d'"action positive".

Nicolas Sarkozy a souvent montré de l'intérêt pour cette politique née aux Etats-Unis dans les années 1960 et qui a consisté à rendre obligatoire l'accession de Noirs aux universités et à certains emplois publics.

Actuellement, le recensement en fonction de critères raciaux ou religieux est quasiment impossible en France, précisément en raison du principe d'égalité. L'emploi même des mots "Noir" ou "Arabe" par les élus ou la presse est tabou. On lui préfère l'expression "issu de la diversité".

Yazid Sabeg assure qu'il ne veut pas créer des fichiers raciaux mais seulement demander aux personnes comment elles se définissent elles-mêmes.

Malek Boutih, membre de la direction du Parti socialiste, juge cette mesure hypocrite. "Moi qui m'appelle Malek Boutih, est-ce qu'on va me permettre de dire que je suis asiatique ? bien sûr que non", a-t-il dit à Reuters.   Suite...

 
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