Plainte contre trois chefs d'Etat africains en France

mardi 2 décembre 2008 18h38
 

PARIS (Reuters) - Une plainte avec constitution de partie civile visant le patrimoine immobilier en France de trois chefs d'Etat africains a été déposée mardi à Paris pour "recel de détournement de fonds publics" par deux associations et un citoyen gabonais.

Cette procédure, qui dure depuis un an et demi, vise les présidents du Gabon, du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale, trois pays pétroliers.

Une plainte avec constitution de partie civile entraîne quasi-automatiquement la désignation d'un juge d'instruction. Le président du Gabon, Omar Bongo, a aussitôt annoncé par l'intermédiaire de son avocat français, Me Patrick Maisonneuve, qu'il allait riposter par une autre plainte en diffamation.

Omar Bongo nie toute malversation et reproche au journal Le Monde d'avoir publié des propos de Me William Bourdon, avocat de ses contradicteurs, faisant état de pressions et de propositions financières pour qu'il renonce à la procédure.

"Je m'inscris en faux sur le fait que les autorités gabonaises auraient tenté de faire pression sur les représentants d'association et notamment sur Me Bourdon", a dit Me Maisonneuve à la presse.

Les deux Organisations non gouvernementales plaignantes, Transparence International France et Sherpa, estiment dans un communiqué que les présidents n'ont pu acquérir grâce à leurs salaires le colossal patrimoine immobilier détenu en France.

"Il n'y a aucun doute sur le fait que ce patrimoine n'a pu être constitué grâce aux seuls salaires et émoluments de ces chefs d'Etat, au sujet desquels il existe de sérieuses présomptions de détournements de fonds publics", écrivent-elles.

DEUX PLAINTES DÉJÀ CLASSÉES SANS SUITE

Deux premières plaintes dites "simples" avaient été déposées auprès du parquet sur les mêmes faits en mars 2007 et juillet 2008. Le procureur les a classées sans suite, estimant que les indices d'infraction étaient insuffisants.  Suite...

 
Photo