L'affaire Besancenot révèle les agissements des "privés"
par Thierry Lévêque
PARIS (Reuters) - La découverte d'une enquête sur Olivier Besancenot menée par une officine illustre le développement en France d'un marché du renseignement privé ou "intelligence économique", aux méthodes souvent illégales.
Sept des dix personnes arrêtées mardi, dont le patron de la société commercialisant en France le pistolet électrique Taser, critiqué par Olivier Besancenot, ont vu leur garde à vue prolongée de 24 heures, dit-on de source judiciaire.
Un huitième suspect, un policier, s'est présenté aux enquêteurs et a été placé en garde à vue mercredi. L'enquête a mis au jour une surveillance du porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), de sa compagne et leur enfant.
Le parquet, qui statuera jeudi sur d'éventuelles poursuites, vise dans son enquête ouverte en mai sur plainte d'Olivier Besancenot l'"atteinte à l'intimité de la vie privée" ainsi que l'introduction frauduleuse dans des fichiers de police.
Antoine Di Zazzo, dirigeant de SMP Technologies, société qui commercialise le pistolet à impulsion électrique, est soupçonné d'avoir commandité l'enquête à Gérard Dussaucy, un ancien policier devenu dirigeant d'une société de renseignement privée, Synipole international.
Les enquêteurs ont établi un lien entre SMP et le cabinet Dussaucy, avec un versement de 20.000 euros par chèque et espèces du premier au second, dit-on de source policière. Une copie du rapport de surveillance de Dussaucy a été retrouvée par la police à la société SMP, ajoute-t-on.
Le détective privé aurait adressé des demandes à un douanier, des policiers en fonction ou des ex-policiers pour qu'ils consultent - ce qui est illégal hors procédure officielle - le fichier des cartes grises, le "Stic", qui recense toutes les affaires de police, et un fichier bancaire.
LA "TRICOCHE" Suite...

