Israël enterre ses soldats dans la douleur et l'émotion

jeudi 17 juillet 2008 16h49
 

NAHARIYA, Israël (Reuters) - Au lendemain de la restitution par le Hezbollah des dépouilles de deux soldats capturés en 2006, Israël a pleuré jeudi ses disparus, à mille lieues des scènes de joie orchestrées la veille au Liban pour le retour de militants chiites détenus en Israël depuis des années.

Des milliers d'anonymes et de personnalités politiques se sont rendus dans la matinée à Nahariya, dans le nord du pays, pour assister aux funérailles d'Ehud Goldwasser, l'un des deux réservistes dont l'enlèvement avait déclenché il y a deux ans une guerre de 33 jours entre Israël et le Hezbollah libanais.

L'enterrement de son compagnon d'infortune, Eldad Regev, s'est déroulé plus tard dans la journée à Haïfa.

Devant plusieurs chaînes de télévision du pays et face aux proches du soldat Goldwasser, le ministre de la Défense, Ehud Barak, a déclaré qu'Israël avait "le coeur brisé" et avait payé "un lourd tribut" pour récupérer ces deux dépouilles, évoquant la remise en liberté de quatre combattants du Hezbollah et d'un activiste libanais.

Comme pour mieux consoler la peine des milliers de personnes venues assister aux funérailles, Ehud Barak s'est engagé à tout mettre en oeuvre pour obtenir la libération des soldats israéliens retenus en otage dans la région. Il a notamment évoqué le cas du soldat franco-israélien Gilad Shalit, enlevé en 2006 lors d'un raid transfrontalier près de la bande de Gaza.

Quelques heures après l'annonce de la mort des deux réservistes israéliens, le Premier ministre, Ehud Olmert, avait condamné les cérémonies organisées à Beyrouth pour le retour des militants du Parti de Dieu.

Le président chrétien Michel Souleïmane, le Premier ministre sunnite Fouad Siniora s'étaient notamment déplacés à l'aéroport de Beyrouth pour saluer l'arrivée des quatre anciens détenus.

"Malheur au peuple qui célèbre la libération d'un homme bestial qui a fracassé le crâne d'une enfant de quatre ans", avait-il déclaré, faisant référence à l'un d'entre eux, Samir Kantar, accusé du meurtre d'une fillette en 1979.

La presse israélienne a largement rendu compte de l'indignation d'Olmert en publiant jeudi à la une les photos des deux cercueils noirs rendus par le Hezbollah.  Suite...

 
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