Mise en examen d'un journaliste d'Auto Plus

jeudi 17 juillet 2008 16h09
 

PARIS (Reuters) - Un journaliste du magazine Auto Plus a été mis en examen dans une affaire portant sur un article sur un projet de Renault, qui a suscité l'indignation du milieu de la presse, annoncent la direction du périodique et l'organisation Reporters sans frontières (RSF).

Il est poursuivi pour "recel d'abus de confiance, contrefaçon, recel de contrefaçon, complicité de corruption, révélation de secret de fabrique, recel de secret de fabrique".

Après deux jours et deux nuits en garde à vue à la police judiciaire de Versailles, un traitement sans précédent dans une affaire de presse, il s'est vu notifier ces charges par un juge d'instruction, qui l'a placé en outre sous contrôle judiciaire.

Il a interdiction de communiquer avec les personnels de Renault et leurs fournisseurs.

La procédure a été ouverte en août 2007 après une plainte contre "X" du constructeur automobile, qui réagissait à la publication le mois précédent de photos et d'informations sur un projet de modèle Twingo.

Le journaliste se voit reprocher d'avoir édité ou reproduit des écrits ou des dessins et diffusé l'oeuvre de Renault ainsi qu'un secret de fabrication. L'utilisation du chef de corruption montre que la justice soupçonne que l'obtention de ces informations a été rémunérée. Un employé de Renault, qui serait la source du journaliste, a été mis en examen la semaine dernière.

Laurent Chiapello, directeur de la rédaction d'Auto Plus, a réagi via RSF a la mise en examen en qualifiant "d'irréalistes" les chefs de poursuite. "Il va falloir que l'on s'entende bien pour savoir ce qu'est le journalisme en France", dit-il.

Lors d'une perquisition de plus de huit heures au magazine mercredi, la police a saisi des disques durs d'ordinateurs, des documents, des photos et copié des courriers électroniques.

L'ensemble des syndicats et organisations de journalistes et de presse ont protesté contre ce qu'ils voient comme une attaque contre le droit à la protection du secret des sources, sans lequel, disent-ils, l'exercice du métier de journaliste est impossible. Renault assure qu'il ne voulait pas viser la presse mais ses salariés qui divulguent des secrets de fabrication.  Suite...

 
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