Lancement de la maison à 15 euros par jour

lundi 28 juillet 2008 18h19
 

Le texte prévoit l'intégration du dispositif à la loi SRU. Or, ce projet a déclenché une levée de boucliers lors de son annonce le 10 juillet. Un collectif de 25 associations, dont la Fondation Abbé Pierre et les Enfants de Don Quichotte, a dénoncé une mesure affaiblissant "l'obligation faite aux communes (...) de construire des logements locatifs sociaux".

"Les ménages les plus modestes ne sont pas en mesure d'accéder à la propriété", ont-elles souligné.

"Le gouvernement détricote la loi SRU comme il a détricoté les 35 heures. Cette disposition va permettre aux communes de se soustraire à leur obligation", s'est indigné Michel Fréchet, président de la Confédération nationale du logement.

Des critiques rejetées par Christine Boutin. "Comment peut-on imaginer que Christine Boutin, qui toute sa vie politique a tourné son action vers les plus fragiles, pourrait avoir des attitudes qui ne soient pas sociales ?", a-t-elle dit.

Afin de favoriser la rotation au sein du parc HLM, le projet de loi donne trois ans pour quitter leur appartement aux ménages dont les revenus atteignent au moins le double du plafond de ressources d'accès aux HLM, lesquels seraient diminués de 10%. En outre, le délai d'expulsion sera ramené de trois ans à un an.

"Faire partir du logement social les locataires les plus solvables, ceux qui assurent une mixité économique et sociale ne résoudra certainement pas la crise du logement", déplorent des associations nationales de locataires dans un communiqué commun.

Pour la CFDT, ce texte "n'a pas les moyens de ses ambitions." "L'Etat se désengage et dans le même temps, il veut ponctionner durement le 1% logement", dit le syndicat dans un communiqué.

Pour le Parti socialiste, Christine Boutin a "manifestement été sourde aux revendications de la gauche et des associations qui la mettaient en garde contre un projet ne faisant qu'aggraver l'actuelle crise du logement."

"Le projet de loi de Mme Boutin va dans la réalité exonérer les communes de leur obligation de construire 20% de logements sociaux", estime pour sa part, dans un communiqué, Jean-Marc Ayrault, président du groupe PS de l'Assemblée nationale.   Suite...

 
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