Patrick de Carolis hausse le ton contre l'Elysée

mercredi 2 juillet 2008 14h11
 

PARIS (Reuters) - Les tensions, déjà vives, entre l'Elysée et les responsables de l'audiovisuel public se sont attisées mercredi à la suite d'une cinglante réplique de Patrick de Carolis à Nicolas Sarkozy, qu'il a accusé de porter un jugement "stupide" et "faux" sur France Télévisions.

Le patron de la télévision publique a par ailleurs prévenu sur RTL qu'il "prendrait ses responsabilités" courant septembre si le budget alloué en 2009 à France Télévisions, privée de la manne publicitaire à compter du 1er janvier prochain, s'avérait insuffisant. Une menace à peine voilée de démission.

La ministre de la Culture et de Communication, Christine Albanel, a dénoncé ces propos, déclarant qu'"on ne peut pas dire ça du président de la République, de l'actionnaire qui vient s'exprimer sur France 3". L'UMP, par la voix de son porte-parole Frédéric Lefebvre, a réclamé des "excuses".

Lors de son passage au 19/20 de France 3, lundi soir, Nicolas Sarkozy avait estimé que France Télévisions pouvait "faire mieux" en termes éditoriaux et que ses programmes ressemblaient "encore trop aux programmes d'une chaîne privée".

"Faux", "stupide", "profondément injuste", a répliqué Patrick de Carolis sur RTL, précisant que son appréciation visait "tous ceux qui portent un jugement qui est inexact sur le travail qui est fait par des milliers de collaborateurs".

"La télévision, c'est un métier qui est fait par des professionnels. (...) Il est bon qu'on laisse travailler les professionnels", a-t-il souligné.

Défendant son "indépendance", le patron de France Télévisions a déclaré que "jamais" il ne soumettrait les grilles de programmes "à un quelconque visa venu de l'extérieur".

Nommé en juillet 2005 par six voix contre trois par le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), Patrick de Carolis a affirmé entretenir un contact "franc" et "respectueux" avec le chef de l'Etat, qui a déclenché un tollé en annonçant que le patron de la télévision publique serait nommé par l'exécutif.

Son mandat court théoriquement jusqu'en 2010, mais il a laissé entendre qu'il pourrait l'abréger si le financement de la télévision publique, qui doit combler un manque à gagner de 450 millions d'euros, n'était pas à la hauteur de ses attentes.  Suite...

 
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