Treize ans après, les plaies de Srebrenica restent ouvertes
par Ellie Tzortzi
SREBRENICA, Bosnie (Reuters) - Les familles de 308 victimes du massacre de Srebrenica ont dû attendre 13 ans avant de pouvoir organiser des obsèques, vendredi dans l'enclave musulmane de Bosnie.
Couverts d'un linge vert et alignés sur le sol, les restes de ces 308 personnes ont été enterrés conformément à la tradition musulmane, les proches se tenant devant les corps, priant en silence, paumes tournées vers le ciel.
Des enterrements ont lieu chaque année à la date anniversaire de la tuerie, et sont devenus un symbole du souvenir et de l'identité locale.
Le 11 juillet 1995, après trois années de siège, les casques bleus de la Forpronu, la mission onusienne déployée en ex-Yougoslavie, laissaient les Serbes de Bosnie s'emparer de la ville, séparer les hommes des femmes et tuer, en une semaine, quelque 8.000 Musulmans de Bosnie.
Plus d'un tiers des victimes n'ont pas encore pu être enterrées. La plupart sont portées disparues, les corps n'ayant pas été retrouvés dans les charniers ou les restes étant en cours d'identification.
Ceux dont les obsèques ont été organisées vendredi se trouvaient dans 55 endroits différents, souligne Amor Masovic, membre de la Commission pour les disparus. "Certains ont été retrouvés il y a près de 13 ans."
Jetés dans des fosses communes par les meurtriers, les corps avaient rapidement été déplacés à l'aide de bulldozers dans des charniers plus petits, pour dissimuler l'ampleur du crime.
Les restes d'une victime peuvent ainsi se trouver en différents endroits, et personne ne peut être enterré avant que les deux-tiers du corps ne soit retrouvé. Suite...

