25 octobre 2016 / 08:37 / dans un an

L'ex-propriétaire de Mia demande réparation à l'Aquitaine

Le consortium Focus Asia Gmbh, qui avait racheté en 2013 le fabricant d'automobiles Mia Electric, réclame 26 millions d'euros de dédommagement à la Région Nouvelle Aquitaine pour "violation du pacte d'actionnaires". Ségolène Royal, à l'époque présidente du conseil de l'ex-Poitou-Charentes, avait fait entrer la région au capital de l'entreprise à hauteur de 11,7%. /Photo d'archives/REUTERS/Jacky Naegelen

BORDEAUX (Reuters) - Le consortium Focus Asia Gmbh, qui avait racheté en 2013 le fabricant d‘automobiles Mia Electric, liquidé l‘année suivante, réclame 26 millions d‘euros de dédommagement à la Région Nouvelle Aquitaine pour “violation du pacte d‘actionnaires”.

La présidente du conseil de l‘ex-Poitou-Charentes à l‘époque, Ségolène Royal, avait fait entrer la région au capital de l‘entreprise à hauteur de 11,7%.

La mise en demeure envoyée par Focus Asia Gmbh, Me Catherine Boulanger, est à l‘étude par les services juridiques et financiers de la région Nouvelle Aquitaine qui, depuis la réforme des régions, intègre les anciennes régions Poitou-Charentes, Aquitaine et Limousin.

Ségolène Royal, actuellement ministre de l‘Environnement, avait fait de Mia Electric un symbole d‘excellence environnementale, dont Poitou-Charentes se voulait un fer de lance en France.

Mais rapidement la présidente de l‘entreprise, Michèle Boos, qui avait maintenu les 210 emplois, a eu du mal à mettre en oeuvre son plan de redressement et la société a été liquidée en mars 2014, ses actifs vendus aux enchères.

“Les engagements de Ségolène Royal n‘ont pas été tenus. La Région a violé le pacte d‘actionnaires qui avait été signé. Des sommes considérables, plus de 10 millions d‘euros, ont été consacrées à des aides versées à des entreprises concurrentes de Mia Électric ce qui a eu pour effet de faire fuir les investissements qui étaient prévus chez Mia”, a indiqué à Reuters Catherine Boulanger.

Cette dernière rappelle qu‘en 2014, la Chambre régionale des comptes a épinglé le soutien “important et inconditionnel” de la Région à Éco et Mobilité, liquidée deux ans plus tôt.

Aujourd‘hui Focus Asia Gmbh, par l‘intermédiaire de Dietmar Schweizer, successeur de Michèle Boos - mise en examen pour banqueroute et abus de biens sociaux -, réclame 25,56 millions d‘euros représentant le montant des investissements ainsi que les marchés qui devaient être réalisés.

L‘argumentaire reçu par la Région Nouvelle Aquitaine fait état du rôle joué par Ségolène Royal qui aurait, selon lui, fait pression sur la direction de Mia pour ne pas faire appel de la décision afin de favoriser la reprise par la Fabrique régionale du bocage créée à son initiative.

La Chambre régionale des comptes doit remettre prochainement ses conclusions sur la gestion de Ségolène Royal lorsqu‘elle était présidente de Poitou-Charentes.

Au mois de février dernier, le président PS de la Région Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset, avait révélé que Poitou-Charentes avaient laissé 132 millions d‘euros d‘impayés. Un audit a confirmé “une forte dégradation des ratios financiers”.

Claude Canellas, édité par Yves Clarisse

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