19 octobre 2015 / 14:42 / il y a 2 ans

La Turquie demande plus à l'Union européenne pour les migrants

ISTANBUL (Reuters) - La Turquie souhaite que le financement européen accordé à Ankara dans le cadre du nouveau “plan d‘action” adopté vendredi par l‘UE face à la crise migratoire soit révisé chaque année, a déclaré lundi le Premier ministre Ahmet Davutoglu.

Camp de réfugiés syriens dans la province turque de Sanliurfa. La Turquie souhaite que le financement européen accordé à Ankara dans le cadre du nouveau "plan d'action" adopté vendredi par l'UE face à la crise migratoire soit révisé chaque année. /Photo prise le 11 juin 2015/REUTERS/Osman Orsal

Personne ne doit cependant s‘attendre, a-t-il souligné, à ce que la Turquie se transforme en “camp de concentration” pour migrants.

En échange d‘une coopération pour endiguer le flot de migrants vers l‘Europe, les dirigeants de l‘UE se sont mis d‘accord sur le versement à Ankara d‘une aide financière qui pourrait atteindre trois milliards d‘euros, ainsi que sur la perspective d‘un assouplissement de l‘octroi de visas aux ressortissants turcs et une relance des discussions sur l‘adhésion de la Turquie à l‘UE.

Des promesses confirmées dimanche par la chancelière Angela Merkel lors d‘une visite à Istanbul.

Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision Ahaber, Ahmet Davutoglu a déclaré lundi que la somme proposée par l‘UE devait être tirée du fonds IAP (Instrument d‘aide de préadhésion), un fonds auquel la Turquie a déjà accès, mais a souligné que son pays voulait en fait obtenir un autre financement.

“La proposition de trois milliards d‘euros du fonds IAP n‘est plus sur la table, nous avons dit que nous ne l‘acceptions pas”, a souligné le Premier ministre.

“Quant aux nouveaux financements, nous parlons dans un premier temps d‘une somme de trois milliards d‘euros. Mais nous ne voulons pas nous arrêter à cela parce que les besoins pourraient être supérieurs et qu‘il faudrait un réexamen annuel de la situation.”

“CAMP DE CONCENTRATION”

“Nous ne pouvons pas admettre l‘idée que puisque la Turquie a obtenu ceci ou cela, (...), tous les migrants devraient rester sur le territoire turc”, a-t-il poursuivi. “Personne ne doit s‘attendre à ce que la Turquie devienne un pays qui accueille tous les migrants, une sorte de camp de concentration.”

Sur l‘exemption de visas pour les Turcs qui veulent se rendre dans l‘Union européenne, Ahmet Davutoglu a jugé “positive” la date de juillet 2016 qui a été avancée mais a ajouté qu‘il faudrait attendre le début de l‘an prochain pour avoir une idée plus claire de la question.

Il a ajouté que selon lui six nouveaux “chapitres” dans les négociations sur l‘adhésion de la Turquie à l‘UE pouvaient s‘ouvrir immédiatement - une proposition que Chypre a déjà repoussée.

Ankara a entamé les négociations formelles d‘adhésion en 2005 mais en raison de l‘opposition de plusieurs membres de l‘UE, dont Chypre et la France, seuls 14 chapitres de négociations sur un total de 35 ont été ouverts à ce jour et un seul a été clôturé.

Le chapitre 17, que l‘Allemagne s‘est récemment dite prête à ouvrir, concerne la politique monétaire et économique. La France a levé en 2013 son blocage sur le chapitre 22 sur la politique régionale et s‘est également dite prête à ouvrir les chapitres 23 et 24 qui couvrent les domaines des droits fondamentaux et de la justice.

Avec Humeyra Pamuk, Guy Kerivel pour le service français

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