20 juin 2017 / 10:40 / il y a 3 mois

Le départ de Goulard rebat les cartes du remaniement

Le départ de Sylvie Goulard rebat les cartes d'un remaniement gouvernemental qui était annoncé comme technique et accentue la pression sur les deux autres ministres sortants issus du MoDem, parti visé par une enquête judiciaire. /Photo prise le 18 juin 2017/REUTERS/Bertrand Guay

PARIS (Reuters) - Le départ de Sylvie Goulard rebat les cartes d‘un remaniement gouvernemental qui était annoncé comme technique et accentue la pression sur les deux autres ministres sortants issus du MoDem, parti visé par une enquête judiciaire.

Le conseil des ministres aura lieu jeudi, a précisé la présidence de la République.

La ministre sortante des Armées a annoncé mardi qu‘elle ne souhaitait pas participer au prochain gouvernement pour pouvoir être “en mesure de démontrer librement [sa] bonne foi” si l‘enquête préliminaire se penchait sur les conditions d‘emploi de ses assistants parlementaires.

Emmanuel Macron et le Premier ministre, Edouard Philippe, devront aussi trouver un successeur à Richard Ferrand, ministre sortant chargé de la Cohésion des Territoires, pour constituer le gouvernement, qui doit être annoncé mercredi avant 18h00.

Fragilisé par une enquête judiciaire, ce proche d‘Emmanuel Macron a accepté sa proposition de ne pas participer au prochain gouvernement pour briguer la tête du groupe La République en Marche (LREM) à l‘Assemblée nationale.

“Ce sera un remaniement plus important qu‘annoncé”, a dit à Reuters une source au fait des échanges sur le futur gouvernement. “Avec Richard Ferrand qui ira au groupe et la décision de Sylvie Goulard de quitter le gouvernement, ça devient de fait un remaniement plus politique que celui qu‘on envisageait en début de semaine dernière.”

La source a précisé que “l‘ossature du gouvernement va rester la même. On garde l‘architecture du gouvernement”.

SARNEZ N‘EXCLUT PAS DE QUITTER LE GOUVERNEMENT

Outre Sylvie Goulard, dont la demande a été acceptée par Emmanuel Macron, le gouvernement sortant comptait deux autres membres du MoDem : son président François Bayrou (Justice) et Marielle de Sarnez (Affaires européennes).

Contactée par Reuters, cette dernière n‘a pas exclu de quitter le gouvernement pour prendre la présidence du groupe MoDem à l‘Assemblée nationale.

“Je peux soit m‘occuper des questions européennes et vous savez que ça me passionne, soit m‘occuper du Parlement”, a-t-elle dit. “Donc tout est ouvert.”

Le MoDem choisit sa présidence de groupe “cette semaine, donc tout cela sera opérationnel cette semaine”, a-t-elle ajouté.

L‘entourage d‘Emmanuel Macron s‘est refusé à tout commentaire sur l‘avenir de François Bayrou et de Marielle de Sarnez.

Après deux impairs de François Bayrou, “tel que je connais le chef de l‘Etat, il n‘y en aura pas de troisième”, a dit à Reuters un parlementaire proche d‘Emmanuel Macron, évoquant sa contestation des investitures pour les législatives et ses récents propos semblant contredire le Premier ministre.

Le parti centriste, avec lequel Emmanuel Macron a conclu une alliance en vue de la présidentielle, est visé depuis début juin par une enquête préliminaire qui doit faire la lumière sur les soupçons d‘emplois fictifs au Parlement européen.

DES MINISTÈRES RENFORCÉS

L‘Elysée avait dit la semaine dernière que de nouveaux secrétaires d‘Etat seraient nommés pour soulager des ministères aux larges prérogatives et sous tension en terme d‘effectifs.

“C‘est possible”, a confirmé Edouard Philippe sur BFMTV et RMC, avant l‘annonce de Sylvie Goulard.

Mais “pas trop, parce que vous avez bien remarqué qu‘une des choses que nous souhaitions c‘est d‘avoir une équipe qui ne soit pas pléthorique”, a-t-il ajouté.

Quant à Richard Ferrand, il “aurait parfaitement pu rester ministre”, a poursuivi Edouard Philippe, rappelant la règle fixée par le gouvernement qui prévoit que seul un ministre ayant été mis en examen pourrait être contraint de quitter le gouvernement.

Le parlementaire proche du chef de l‘Etat verrait bien Jean-Paul Delevoye, qui avait présidé la commission d‘investiture d‘En Marche ! pour les législatives, succéder à Richard Ferrand.

Quant à l‘ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin, il devrait demander soit un ministère soit la présidence du Sénat lors d‘une rencontre ce mardi avec Emmanuel Macron, ajoute-t-il.

Marine Pennetier et Jean-Baptiste Vey, avec Michel Rose, Sophie Louet et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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