20 mars 2017 / 15:15 / dans 6 mois

Sondage Ifop: A priori favorable pour Macron contre le chômage

Le chômage reste en tête des préoccupations des Français, avec leur pouvoir d'achat, selon un sondage Ifop publié lundi par le site Atlantico. 74% des Français sont à estimer que les responsables politiques peuvent améliorer la situation de l'emploi, Emmanuel Macron étant jugé le plus crédible sur ce front par 24% des personnes interrogées. /Photo d'archives/REUTERS/Charles Platiau

PARIS (Reuters) - Le chômage reste en tête des préoccupations des Français, avec leur pouvoir d‘achat, selon un sondage Ifop publié lundi par le site Atlantico, quelques heures avant le premier débat télévisé des principaux candidats à l‘élection présidentielle.

Selon cette enquête réalisée les 16 et 17 mars auprès de 1.000 personnes, 35% des Français font du pouvoir d‘achat l‘un de leurs deux premiers soucis, suivi par le chômage (33%), le terrorisme (27%) et les flux migratoires (19%).

Ils sont 74% à estimer que les responsables politiques peuvent améliorer la situation de l‘emploi. L‘ex-ministre de l‘Economie Emmanuel Macron est jugé le plus crédible sur ce front par 24% des personnes interrogées.

Il devance nettement ses principaux concurrents, la candidate du Front national Marine Le Pen (15%), le candidat de la droite François Fillon (12%), le socialiste Benoît Hamon (11%) et celui de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon (9%).

Dans son projet, Emmanuel Macron se fixe pour objectif de ramener le taux de chômage de 9,7% fin 2016 à 7% en 2022, ce qui permettrait, selon lui, de réduire le volume des allocations-chômage de neuf à 10 milliards d‘euros en fin de période.

Selon une note de son équipe de campagne, il mise sur la création de 1,3 million d‘emplois en cinq ans : 550.000 liés au redressement économique, 550.000 retours au travail grâce à de la formation, 25.000 autres par un soutien au revenu d‘activité, 150.000 postes pérennisés par des baisses de charges et 25.000 emplois “francs” pour des habitants de zones prioritaires.

Emmanuel Macron propose par ailleurs d‘ouvrir l‘assurance chômage aux salariés démissionnaires et aux indépendants, soit un coût total estimé à 2,5 milliard d‘euros par an.

Face à ces dépenses supplémentaires, il prévoit trois milliards d‘économies par le renforcement des contrôles de Pôle emploi et un aménagement des règles de l‘assurance chômage.

Or ces dernières sont au coeur des négociations actuelles entre les organisations patronales et syndicales, qui tentent de s‘accorder sur une nouvelle convention avant la présidentielle.

MESURES AU COEUR DES NÉGOCIATIONS UNEDIC

Emmanuel Macron veut reculer de 50 à 57 ans l‘âge de l‘accès à la filière senior donnant droit à 36 mois d‘indemnisation au lieu de 24, ce qui permettrait selon son équipe d‘économiser 500 millions d‘euros par an. Une solution proche des propositions du Medef mais éloignée de celles, beaucoup plus progressives, de la CFDT, de la CFTC et de Force ouvrière.

Le candidat d‘En Marche ! propose aussi une refonte du calcul du salaire journalier de référence, base des indemnités chômage, et un système de bonus-malus, pour limiter le recours aux contrats de travail de courte durée. Economies attendues : 1,5 milliard d‘euros en année pleine.

L‘ex-ministre de l‘Economie souhaite deux autres réformes susceptibles de heurter de front les partenaires sociaux.

La première est le remplacement des cotisations chômage salariales par une hausse de contribution sociale généralisée (CSG), ce qui ferait de facto basculer l‘assurance chômage d‘un système assuranciel vers la solidarité.

La seconde, suite logique de la première, est la prise en charge de l‘assurance chômage par l‘Etat, ce qui sonnerait la fin du paritarisme dans ce domaine.

François Fillon vise également un chômage ramené à 7% en 2022 et 10 milliards d‘euros d‘économies sur les dépenses d‘assurance chômage. Il propose notamment de plafonner et de rendre fortement dégressives les allocations chômage.

Selon l‘Institut Montaigne, réputé proche du patronat, la dégressivité des allocations pourrait se traduire, hors impact sur le retour à l‘emploi, par des économies allant de 1,9 à sept milliards d‘euros par an, selon ses modalités.

Le mot “chômage” n‘apparaît pas dans le programme Marine Le Pen. Elle propose essentiellement de taxer l’embauche de salariés étrangers pour “assurer effectivement la priorité nationale à l’emploi des Français” et de lier l‘allègement des charges des entreprises au maintien de l‘emploi.

Benoît Hamon mise sur une forte accélération de l‘économie, s‘il est élu et peut appliquer son programme d‘investissements, pour ramener le chômage à 5,8% en 2022, niveau inconnu depuis l‘arrivée à l‘Elysée du socialiste François Mitterrand en 1981.

Son rival de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, veut pour sa part “interdire les licenciements boursiers”.

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