18 mars 2017 / 14:41 / il y a 6 mois

Macron souhaite restaurer un service militaire

Emmanuel Macron (photo) a annoncé samedi sa volonté de réintroduire, s'il est élu en mai, un service militaire universel obligatoire d'un mois afin de renforcer le lien armée-nation dans une France secouée depuis deux ans par une série d'attentats djihadistes. Cette mesure concernerait chaque année 600.000 jeunes, dans les trois ans suivant leur 18ème anniversaire, et serait confiée à l'armée et à la gendarmerie. /Photo prise le 17 mars 2017/REUTERS/Pascal Rossignol

PARIS (Reuters) - Emmanuel Macron a annoncé samedi sa volonté de réintroduire, s‘il est élu en mai, un service militaire universel obligatoire d‘un mois afin de renforcer le lien armée-nation dans une France secouée depuis deux ans par une série d‘attentats djihadistes.

Cette mesure, qui ne figurait pas jusqu‘à présent dans le programme du candidat d‘En Marche! à l‘élection présidentielle, concernerait chaque année 600.000 jeunes, dans les trois ans suivant leur 18ème anniversaire, et serait confiée à l‘armée et à la gendarmerie.

“La situation stratégique, les menaces qui pèsent sur notre pays nous commandent de renforcer le lien armées-nation”, a estimé l‘ex-ministre de l‘Economie de François Hollande, devant quelque 200 représentants du monde de la Défense, à Paris.

“C‘est là un projet de société majeur, un véritable projet républicain, qui doit permettre à notre démocratie d’être plus unie et d’accroître la résilience de notre société”, a ajouté l‘ancien banquier de 39 ans, donné favori dans les sondages.

Le projet coûterait entre 2 et 3 milliards d’euros par an en régime de croisière.

Instauré par la loi Jourdan de 1798, la conscription en France a été officiellement supprimée par le président Jacques Chirac en 1997 qui estimait qu‘elle ne répondait “plus aux exigences d’une armée moderne dans un grand pays moderne”.

En 2015, un service militaire volontaire a été instauré après les attentats de Charlie Hebdo. Selon un sondage réalisé fin novembre, le rétablissement du service militaire obligatoire est souhaité par 74 % des Français.

La mesure figure également dans le programme de Marine Le Pen (Front national), qui préconise un retour progressif d‘un service militaire de trois mois minimum et de Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise) qui souhaite ouvrir la possibilité d‘effectuer un service citoyen obligatoire sous la forme d‘un service militaire.

Plus de 230 personnes ont été tuées en France dans la série d‘attentats djihadistes sans précédent commis depuis janvier 2015 dans l‘Hexagone.

DES CONSEILLERS DE LE DRIAN PRÉSENTS

Signe de le menace toujours très présente, un homme a été abattu samedi matin à l‘aéroport d‘Orly après avoir tenté de s‘emparer de l‘arme d‘une militaire de l‘opération Sentinelle, dispositif qui a, selon Emmanuel Macron, vocation à “être adapté en fonction de l’appréciation de la menace terroriste sur le territoire”.

Face à la “menace terroriste”, le candidat propose la création d‘un centre de planification et d’opérations consacré aux opérations intérieures, associant les grands services et états-majors des ministères de l’Intérieur et de la Défense.

Parallèlement à ce centre, il préconise la mise en place d‘une “Task Force” permanente opérant 24 heures sur 24 et associant les principaux services de renseignement afin d‘éviter les “cloisonnements” et “dynamiser la recherche et l’exploitation du renseignement humain et technique”.

A deux jours du premier débat télévisé entre les principaux prétendants à l‘Elysée, Emmanuel Macron s‘est posé en garant d‘une “défense forte et d‘une diplomatie engagée”, notamment face au groupe Etat islamique en Syrie, dans la bande sahélo-saharienne ou encore en Libye.

Face à l’“imprévisibilité” de la nouvelle administration américaine, le candidat souhaite également aller plus “résolument” vers une Europe de la défense avec les pays qui le souhaitent.

Sur la question budgétaire, l‘ex-ministre a également confirmé son intention de faire porter l‘effort de défense à 2% du PIB d‘ici 2025, contre 1,78% actuellement.

“Je ne veux pas promettre ce qui ne sera pas tenable”, a-t-il dit. “Je sais que les volontarismes d‘estrade quand ils se heurtent à la gestion ont une victime, la communauté de défense dans son ensemble”, a-t-il ajouté, dans une allusion à Marine Le Pen qui prévoit de faire porter l‘effort de défense à 2% du PIB dès la première année du quinquennat.

Ce discours est la dernière séquence d‘une semaine consacrée aux questions régaliennes destinée à peaufiner l‘image de chef d‘Etat et de chef des armées du candidat, qui avait axé le début de sa campagne sur les sujets économiques.

L‘actuel ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, dont le ralliement annoncé comme imminent est perçu comme un “atout important” par l‘équipe d‘En Marche!, n‘était pas présent mais plusieurs membres de son cabinet avaient fait le déplacement.

Marine Pennetier et John Irish, édité par Simon Carraud

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