Fillon exigera des gestes concrets de la Russie, annonce Le Maire

vendredi 17 février 2017 13h59
 

par Ingrid Melander et Emmanuel Jarry

PARIS (Reuters) - S'il est élu président, François Fillon exigera des "gestes concrets" de Moscou avant d'envisager une levée des sanctions imposées à la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne, dit son conseiller pour l'international, Bruno Le Maire.

Le candidat de la droite à l'élection présidentielle s'est distingué jusqu'à présent par des positions pro-russes, que son adversaire malheureux de la primaire, Alain Juppé, a même taxé de "complaisance excessive" à l'égard de Vladimir Poutine.

Longtemps considéré comme le favori de la présidentielle, l'ex-Premier ministre est aujourd'hui fragilisé par les soupçons d'emplois fictifs dont aurait bénéficié sa famille.

Lancé dans une délicate tentative de reconquête de l'opinion française, il a laissé le soin à Bruno Le Maire, autre ancien rival de la primaire de droite, d'aller ce week-end défendre son projet à la conférence internationale sur la sécurité de Munich.

"Un des choix stratégiques de François Fillon est de renforcer le lien et de renouer un dialogue constructif avec la Russie", explique Bruno Le Maire dans une interview à Reuters.

"Ça ne veut pas dire que nous passons l'éponge sur les fautes qui ont pu être commises par la Russie", précise-t-il cependant. "Nous estimons que le fait de violer des frontières internationalement reconnues constitue une faute politique."

François Fillon défend l'idée d'un "espace de sécurité" européen englobant à terme la Russie, pour pallier les lacunes de l'Otan, la volonté de désengagement affichée par le nouveau président américain Donald Trump et l'obsolescence de l'OSCE(Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe).

Il n'en demandera pas pour autant, s'il est élu, une levée immédiate des sanctions économiques imposées à Moscou, déclare son conseiller pour les affaires internationales.   Suite...

 
S'il est élu président, François Fillon exigera des "gestes concrets" de Moscou avant d'envisager une levée des sanctions imposées à la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne, dit son conseiller pour l'international, Bruno Le Maire. /Photo prise le 17 février 2017/REUTERS/Philippe Huguen