La France déplore les exécutions en Arabie saoudite

dimanche 3 janvier 2016 15h40
 

PARIS (Reuters) - La France "déplore profondément" l'exécution de 47 condamnés en Arabie saoudite, dont un haut dignitaire de la minorité chiite, déclare le porte-parole du ministère des Affaires étrangères dans un communiqué publié dimanche.

La mise à mort samedi du cheikh Nimr al Nimr, opposant au régime de Ryad, a jeté un froid dans les relations entre le royaume wahhabite et l'Iran et déclenché des manifestations à Téhéran où l'ambassade saoudienne a été en partie saccagée.

La France "appelle les responsables de la région à tout faire pour éviter l'exacerbation des tensions sectaires et religieuses", peut-on lire dans le communiqué du Quai d'Orsay.

"La France rappelle son opposition constante à la peine de mort, en tous lieux et en toutes circonstances", lit-on également.

Cette série d'exécutions simultanées est la plus importante pour des raisons de sécurité en Arabie saoudite depuis 1980.

Parmi les condamnés exécutés samedi figurent 43 djihadistes sunnites, principalement des membres d'Al Qaïda jugés responsables d'attentats contre des objectifs occidentaux, des bâtiments administratifs et des missions diplomatiques qui ont fait plusieurs centaines de morts entre 2003 et 2006.

Les quatre autres condamnés exécutés, dont le cheikh Nimr al Nimr, appartiennent à la minorité chiite. Ils ont été reconnus coupables de la mort de plusieurs policiers dans le district de Katif, dans la Province orientale, entre 2011 et 2013.

(Simon Carraud, édité par Guy Kerivel)

 
Portrait dimanche à Istanbul du cheikh Nimr al Nimr, un haut dignitaire de la minorité chiite, exécuté avec 46 autres condamnés en Arabie saoudite. La France a dit "déplorer profondément" ces exécutions et "a appelé les responsables de la région à tout faire pour éviter l'exacerbation des tensions sectaires et religieuses". /Photo prise le 3 janvier 2016/REUTERS