21 janvier 2015 / 10:19 / il y a 3 ans

Manuel Valls mobilise hommes et moyens contre le terrorisme

Deux semaines après les attentats qui ont endeuillé la France, le gouvernement a décrété mercredi une "mobilisation générale" contre le terrorisme, annonçant la création de 2.680 emplois et le déblocage de 736 millions d'euros sur trois ans pour mieux lutter contre une menace qui "pèse en permanence". /Photo prise le 21 janvier 2015/Philippe Wojazer (FRANCE - Tags: POLITICS CRIME LAW)

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a décrété mercredi une "mobilisation générale" contre le terrorisme, annonçant la création de 2.680 emplois et le déblocage de 736 millions d'euros sur trois ans pour mieux lutter contre une menace qui "pèse en permanence".

Deux semaines après les attentats djihadistes qui ont fait 17 morts à Paris, le Premier ministre a présenté un train de mesures visant à mieux lutter contre les filières suspectes, notamment via internet et dans les prisons, évaluant à "près de 3.000" le nombre de personnes à surveiller.

"Au total, au cours des trois prochaines années, ce sont donc 2.680 emplois supplémentaires qui seront consacrés à la lutte contre le terrorisme dans les services régaliens de l'Etat et dans les juridictions", a déclaré Manuel Valls lors d'une conférence de presse à l'issue du conseil des ministres.

Depuis la semaine dernière, 10.500 militaires sont déployés sur tout le territoire. Le gouvernement a par ailleurs renoncé à supprimer 7.500 postes sur les 25.800 réductions prévues dans la Loi de programmation militaire 2015-2019.

Sur les 1.400 emplois créés au ministère de l'Intérieur, 1.100 renforceront les services de renseignement. Sont aussi annoncés 950 postes à la Justice, 250 à la Défense et 80 au ministère des Finances, dont 70 aux douanes.

Côté financement, 425 millions d'euros de crédits d'investissement, d'équipement et de fonctionnement ont été débloqués sur trois ans, dont 233 pour le ministère de l'Intérieur et 181 millions pour la Justice.

En incluant la masse salariale, "toutes ces mesures représenteront un montant d’environ 736 millions d’euros sur les trois prochaines années, dont 246 millions en 2015", précise-t-on dans le compte rendu du conseil des ministres.

Manuel Valls a précisé que ces investissements seraient compensés par des économies, les effectifs globaux de l'Etat restant stables au nom du "sérieux budgétaire", et que les engagements au niveau européen seraient respectés.

Le Premier ministre a confirmé la création d'un fichier de personnes déjà condamnées pour terrorisme sur le modèle de ce qui existe pour le suivi des pédophiles et la création de cinq quartiers réservés aux détenus radicalisés.

Il a évoqué un montant de 60 millions d'euros pour lutter contre la radicalisation dans les trois prochaines années.

"POUDRIÈRES"

Des "mesures exceptionnelles, et non pas d'exception", dont une partie sera incluse dans la loi sur le renseignement appelée à être présentée en mars au Parlement, en vue d'une adoption définitive début juin.

Reprenant une proposition de la droite, le chef du gouvernement a proposé d'engager une réflexion parlementaire sur une peine d'indignité nationale, dont la privation des droits civiques, pour les Français condamnés pour terrorisme.

S'exprimant devant un mur où l'on pouvait lire les mots "Mobilisation générale contre le terrorisme", Manuel Valls a dit l'importance de conserver "l'esprit d'unité" qui a dominé après les attentats, tout en invoquant le "devoir de vérité" sur les risques encourus.

"Ce choc terrible que nous avons subi a rappelé l'intensité de la menace qui pèse sur notre pays et qui reste aujourd'hui d'un niveau très élevé", a-t-il dit.

"La République est debout et nous prenons des mesures exceptionnelles, à la hauteur de ces menaces."

Sur le ton du "parler vrai" dont il entend faire sa marque de fabrique, le Premier ministre, ancien ministre de l'Intérieur et ex-maire de la ville populaire d'Evry (Essonne), a aussi rappelé les racines du mal que sont la pauvreté et les "inégalités insupportables".

"Peu importe les mots, ce qui compte c'est d'agir", a-t-il dit, évoquant des quartiers devenus "de véritables poudrières".

Mardi, Manuel Valls avait utilisé le mot "apartheid" pour désigner certains territoires oubliés de la République.

Déclarée "grande cause nationale", la lutte contre la racisme et l'antisémitisme fera l'objet d'une réflexion appelée à se traduire dans l'Education nationale, a dit le chef du gouvernement.

Manuel Valls a lancé en outre un appel aux usagers d'internet, principal vecteur du djihadisme, les invitant "à coopérer étroitement avec les autorités pour appliquer les règles relatives aux contenus illicites et au déréférencement des sites illégaux".

Elizabeth Pineau et Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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