Le gouvernement implose au nom de la cohérence économique

lundi 25 août 2014 12h24
 

PARIS (Reuters) - Moins de cinq mois après avoir constitué un "gouvernement de combat", Manuel Valls a présenté lundi la démission surprise de son équipe, menacée d'implosion sous la pression d'Arnaud Montebourg, afin d'être "en cohérence" avec les orientations économiques de François Hollande.

Le Premier ministre, qui avait été chargé de ramener autorité et efficacité au sein du gouvernement, a été reconduit par François Hollande et devra lui présenter d'ici mardi une nouvelle équipe dont on ignore pour l'heure si elle subira des changements notables en ligne avec la politique social-démocrate du chef de l'Etat.

Le message à destination des contestataires est clair : François Hollande souhaite "une équipe en cohérence avec les orientations qu’il a lui-même définies pour notre pays", précise un communiqué de la présidence.

Le ministre de l'Economie Arnaud Montebourg, rejoint par son collègue de l'Education Benoît Hamon, n'a cessé de fustiger les choix économiques de François Hollande.

Au nom du débat et de la liberté de parole, le locataire de Bercy affirmait encore lundi matin sur Europe 1, une heure avant l'annonce du remaniement, qu'il ne se voyait pas démissionner et qu'il ignorait s'il serait évincé.

Pourtant, dimanche, l'entourage de Manuel Valls avait fait savoir que le Premier ministre était "décidé à agir" après qu'Arnaud Montebourg, qui avait multiplié les attaques déjà sous Jean-Marc Ayrault, eut franchi "une ligne jaune".

"C'est clairement une crise politique, le gouvernement a volé en éclats", a estimé lundi Frédéric Dabi (Ifop) sur i>Télé.

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Manuel Valls a été chargé lundi de constituer un nouveau gouvernement après avoir présenté la démission de l'équipe de "combat" formée il y a moins de cinq mois et qui a implosé en raison de divisions sur la politique économique menée. /Photo prise le 18 juin 2014/REUTERS/Ian Langsdon/Pool