L'UMP a usé de fausses factures pour la campagne Nicolas Sarkozy

lundi 26 mai 2014 22h27
 

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Jérôme Lavrilleux, ex-directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy en 2012 et bras droit de Jean-François Copé, a reconnu lundi un système de fausses facturations à l'UMP pour masquer une "dérive" des dépenses de la campagne présidentielle, tout en dédouanant l'ancien président et le dirigeant de l'UMP.

Ces révélations interviennent à la veille d'un bureau politique décisif de l'UMP, qui pourrait décider du sort de Jean-François Copé à la tête du parti d'opposition, nettement distancé par le Front national aux européennes de dimanche.

Les dépenses de campagne de Nicolas Sarkozy ayant "explosé" dans une proportion "beaucoup plus importante que le volume autorisé", il a été procédé à "une ventilation des dépenses liées à la campagne sur d'autres opérations" pour un montant de l'ordre de 10 à 11 millions d'euros, a expliqué Jérôme Lavrilleux sur BFM TV.

"Il n'y a eu aucune malversation, il y a eu un engrenage irrésistible d'un train qui file à grande vitesse et les personnes qui auraient dû tirer le signal d'alarme ne l'ont pas fait", a-t-il poursuivi, précisant, sans citer de noms, qu'il n'était pas "le seul dans le wagon".

Elu député européen dimanche, Jérôme Lavrilleux, les larmes aux yeux, a avoué ne pas avoir "eu le courage" de stopper la campagne malgré des "dérapages".

"Il eut mieux valu jouer la franchise et présenter des comptes sincères mais non conformes", a-t-il déclaré, déplorant une législation française inadaptée en matière de comptes de campagne. Tous les partis, a-t-il affirmé, "usent d'expédients" pour contourner des règles trop strictes.

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Jérôme Lavrilleux, ex-directeur de campagne adjoint de Nicolas Sarkozy en 2012 et bras droit de Jean-François Copé, a reconnu lundi un système de fausses facturations à l'UMP pour masquer une "dérive" des dépenses de la campagne présidentielle, tout en  dédouanant l'ancien président et le dirigeant de l'UMP. /Photo prise le 26 mai 2014/REUTERS/Charles Platiau