Radovan Karadzic serait expulsé de Serbie la semaine prochaine

vendredi 25 juillet 2008 17h07
 

par Ivana Sekularac

BELGRADE (Reuters) - Radovan Karadzic sera expulsé au plus tôt lundi vers le Tribunal pénal international de La Haye, annonce le procureur général de Serbie chargé des crimes de guerre, Vladimir Vukcevic.

L'ancien dirigeant bosno-serbe, inculpé de génocide à double titre pour son rôle durant la guerre de Bosnie (1992-95), a été arrêté lundi dernier après avoir échappé à la justice pendant onze ans. Il est actuellement en prison à Belgrade.

"L'avocat de Karadzic a jusqu'à vendredi minuit pour faire appel de l'ordre d'extradition", a déclaré Vladimir Vukcevic à Reuters. L'appel peut être envoyé par voie postale, ce qui implique un bref délai supplémentaire.

"Les juges ont trois jours pour se prononcer sur le recours en appel, mais je présume qu'ils se réuniront lundi. Le ministre de la Justice doit ensuite signer l'ordre d'extradition", a dit Vukcevic. Il a noté qu'en théorie les juges pouvaient juger recevable le recours en appel et annuler l'ordre d'extradition.

"C'est toutefois très peu vraisemblable, a-t-il dit. C'est lundi au plus tôt qu'il peut être extradé. Nous n'avons aucune raison de nous précipiter, nous l'attendons depuis treize ans."

Karadzic et son chef militaire Ratko Mladic ont été inculpés en 1995 pour avoir planifié le massacre de 8.000 Musulmans à Srebrenica et le siège de Sarajevo, qui devait durer 43 mois et se solder par la mort de 11.000 personnes victimes d'obus de mortier, de tirs isolés, de malnutrition et de maladies.

Radovan Karadzic affirme son innocence et accuse le Tribunal pénal de La Haye de préjugés à l'encontre des Serbes.

Les ultra-nationalistes serbes, qui sont du même avis, prévoient une grande manifestation la semaine prochaine contre son arrestation et son transfèrement. Des médias font état de menaces de mort contre les dirigeants politiques auxquels est attribuée son arrestation, notamment le président Boris Tadic.  Suite...

 
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