Un milieu carcéral amène attend Radovan Karadzic à La Haye

vendredi 25 juillet 2008 15h47
 

par Alexandra Hudson

LA HAYE (Reuters) - Une fois transféré au centre de détention du Tribunal pénal de La Haye, Radovan Karadzic peut s'attendre à une cellule confortable, à une cuisine balkanique faite sur place et à une atmosphère "conviviale" avec les autres inculpés, qui jouent au ping-pong entre anciens ennemis.

Celui qui fut le président des Serbes de Bosnie durant le conflit bosniaque de 1992-95 puis l'un des hommes les plus recherchés du monde, attend d'être transféré aux Pays-Bas après une fuite de onze ans. Le procureur général de Serbie a indiqué vendredi qu'il serait extradé vers La Haye au plus tôt lundi.

Karadzic sera en principe jugé pour génocide et crimes de guerre en raison du siège imposé durant 43 mois à Sarajevo et du massacre de 8.000 musulmans bosniaques à Srebrenica.

Il rejoindra 37 autres suspects inculpés par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) et logés dans un centre de détention "sur mesure", construit à l'intérieur d'une prison néerlandaise près de Scheveningen, sur le littoral de la mer du Nord battu par les vents.

La mort de quatre détenus, dont celle de l'ex-président yougoslave Slobodan Milosevic en 2006, ont inquiété les captifs. Mais le centre est aussi un lieu où, selon d'anciens détenus, les tensions ethniques s'effacent au profit d'un soutien mutuel.

"On n'est plus serbe, bosniaque ou croate - on est un simple détenu", a déclaré à Reuters un ancien employé du tribunal.

Avant sa capture, Radovan Karadzic, déguisé en médecin "new age", habitait une tour de béton dans le morne faubourg du Nouveau Belgrade et fréquentait un bar où se retrouvaient des nationalistes serbes.

Son nouveau logis sera une cellule de quinze mètres carrés identique à celle où Milosevic a passé les cinq dernières années de sa vie en planifiant sa défense et en écoutant des enregistrements de Frank Sinatra.  Suite...

 
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