La proposition Sarkozy sur la mémoire de la Shoah fait débat

jeudi 14 février 2008 18h27
 

PARIS (Reuters) - Dominique de Villepin et Jean-Luc Mélenchon se sont étonnés de l'idée de Nicolas Sarkozy de confier à chaque élève de CM2 la mémoire d'un enfant victime de la Shoah, estimant que l'on ne peut pas imposer la mémoire.

Mais Jean-François Copé, président du groupe UMP à l'Assemblée, et François Hollande, Premier secrétaire du Parti socialiste, ont salué la démarche du chef de l'Etat.

Lors du dîner du Crif, mercredi soir, Nicolas Sarkozy a annoncé avoir demandé au gouvernement de faire en sorte que, chaque année, à partir de la rentrée scolaire 2008, "tous les enfants de CM2 se voient confier la mémoire d'un des 11.000 enfants français victimes de la Shoah."

"Je ne crois pas que l'on puisse imposer la mémoire, que l'on puisse la décréter ou légiférer dans ce domaine", a réagi Dominique de Villepin sur Radio Classique.

Selon l'ancien Premier ministre, la charge de la mémoire d'un enfant mort est en outre "quelque chose de très lourd à porter."

"Vraiment ce président est incroyable", s'est exclamé Jean-Luc Mélenchon sur LCI "Un jour il est prédicateur (...) Maintenant le voilà transformé en instituteur. C'est lui qui décide ce qui est bon ou mauvais dans la manière de former les jeunes enfants", s'est insurgé le sénateur socialiste, ancien ministre délégué à l'Enseignement professionnel.

"Il n'y a personne qui a demandé une chose pareille: ni le Crif ni aucune synagogue", a-t-il poursuivi.

Si la proposition présidentielle est mise en oeuvre, "on n'en finira plus". Pourquoi vouloir "à tout prix infliger une cure de mémoire. Est-ce qu'on va faire pareil sur l'esclavage? La commune de Paris? Est-ce qu'on ne peut pas laisser la politique et la religion à l'écart de l'école", s'est-il interrogé.

DEVOIR DE MEMOIRE   Suite...

 
<p>Nicolas Sarkozy et Richard Pasquier, le pr&eacute;sident du Crif (Conseil repr&eacute;sentatif des institutions juives de France). Dominique de Villepin et Jean-Luc M&eacute;lenchon se sont &eacute;tonn&eacute;s de l'id&eacute;e de Nicolas Sarkozy de confier &agrave; chaque &eacute;l&egrave;ve de CM2 la m&eacute;moire d'un enfant victime de la Shoah, estimant que l'on ne peut pas imposer la m&eacute;moire. /Photo prise le 13 f&eacute;vrier 2008/REUTERS/Gonzalo Fuentes</p>