Vers une révision de la législation européenne sur les OGM
PARIS (Reuters) - L'Union européenne affiche sa volonté de réviser d'ici à la fin de l'année sa législation sur l'autorisation des organismes génétiquement modifiés (OGM) qui pourrait déboucher sur la possibilité pour certains pays d'interdire complètement ces produits.
Les ministres de l'Environnement des Vingt-Sept ont convenu lors d'une réunion informelle à Saint-Cloud, à Paris, d'aller de l'avant rapidement sur ce dossier même si leur débat a démontré qu'ils avaient des approches différentes.
"Il a fait apparaître des sensibilités variées, mais globalement il y a un accord pour avancer dans cette direction", a déclaré lors d'une conférence de presse la secrétaire d'Etat française chargée de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, dont le pays préside pour l'instant l'UE.
La révision des procédures d'autorisation de la commercialisation des OGM fait l'unanimité et un groupe de travail se penchera sur les réformes à mettre en oeuvre. Son rapport devra être remis en décembre aux Vingt-Sept.
Actuellement, l'Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) évalue les demandes de commercialisation et rend un avis souvent positif qui doit ensuite être approuvé à la majorité qualifiée par les Etats membres de l'UE.
Mais ces derniers ne parviennent jamais à atteindre ce seuil et la décision finale doit être prise par la Commission européenne, qui est dans l'embarras puisqu'elle doit prendre des responsabilités qui ont des conséquences politiques, puisque les Européens sont majoritairement hostiles aux OGM.
"IRRESPONSABILITÉ ORGANISÉE"
"Ce que nous faisons aujourd'hui, c'est organiser l'irresponsabilité", a estimé le ministre allemand de l'Environnement, Sigmar Gabriel. "Chacun peut se cacher derrière l'autre et à la fin du compte tout le monde accuse l'EFSA."
"Soixante-dix pour cent de la population européenne demande des aliments sans OGM", a rappelé le ministre tchèque de l'Environnement, Martin Bursik, dont le pays succédera à la France à la tête de l'UE au premier trimestre 2009. Suite...

