April 1, 2008 / 6:07 AM / 9 years ago

Une présidence vacante à Thomson et un DG par intérim

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Le PDG du groupe Thomson, Frank Dangeard, a rejet&eacute; le poste de pr&eacute;sident du conseil d'administration qui lui &eacute;tait propos&eacute;, a annonc&eacute; dimanche le groupe, six semaines apr&egrave;s sa d&eacute;cision de scinder les fonctions de pr&eacute;sident et de directeur g&eacute;n&eacute;ral. /Photo d'archives/Mal Langsdon</p>

PARIS (Reuters) - Le PDG du groupe Thomson, Frank Dangeard, a refusé de rester à la seule présidence du conseil d'administration, a annoncé dimanche le groupe, six semaines après sa décision de scinder les fonctions de président et de directeur général.

Le groupe d'équipements et de services pour la télévision, le cinéma et la publicité, dont le cours de Bourse a fortement baissé cette année dans le sillage de résultats 2007 décevants, a également annoncé avoir nommé son directeur financier Julian Waldron au poste de directeur général pour une période intérimaire, jusqu'à la nomination d'un nouveau DG.

"Le Conseil a décidé de mettre en oeuvre, dès à présent, la nouvelle structure de gouvernance dissociée annoncée le 14 février dernier, ce qui met de ce fait un terme au mandat de Président directeur général de Frank Dangeard", a expliqué Thomson dans un communiqué.

Le groupe avait indiqué à l'origine que Dangeard conserverait le poste de président non exécutif tout en cédant la casquette de directeur général, "offre qu'il a déclinée", peut-on lire dans le communiqué.

Dangeard assurera toutefois la fonction de président jusqu'au 12 avril, a ajouté Thomson, et le groupe a accepté la proposition du PDG de réduire son indemnité de départ à 18 mois de sa rémunération de 2007.

Thomson, qui fait l'objet de rumeurs selon lesquelles ses activités pourraient être scindées, a également indiqué que son conseil d'administration avait réaffirmé la stratégie engagée et répété que l'entreprise n'avait pas de problèmes de liquidités.

L'entreprise a souligné qu'elle avait été affectée négativement par la grève des scénaristes d'Hollywood et qu'en conséquence, le chiffre d'affaires du groupe pour le premier trimestre devrait s'inscrire en baisse notable à taux de changes constant.

L'activité produits d'accès de la division système, poursuit Thomson, a continué de ralentir à cause d'une baisse des commandes des opérateurs haut débit, mais l'activité DVD de la division Services a été plus stable.

Mue Du Groupe Et Chute De L'action

Les observateurs ne pensaient pas vraiment qu'à 50 ans, Dangeard se contenterait d'un poste "moins exécutif", mais le choix du moment de l'annonce de son départ a créé la surprise.

Le PDG de Thomson, diplômé d'Harvard, a signifié sa décision au conseil d'administration vendredi et le groupe a élaboré un communiqué de deux pages, incluant un point détaillé sur l'activité, qui a été publié dimanche après-midi.

"La transformation du groupe étant achevée, le moment est venu de renouer avec une structure composée d'un président non exécutif et d'un directeur général", a souligné une source proche du groupe.

"Dangeard n'est ni par nature, ni en terme d'ambition, un non-exécutif, sa décision de décliner le poste de président non-exécutif ne doit donc pas surprendre", ajoute-t-elle.

Né au Canada, Frank Dangeard a fait carrière dans le droit et la banque d'investissement avant de prendre en 2004 les rênes de Thomson. Sous sa houlette le groupe a beaucoup changé: électronicien grand public en difficulté, que l'État français a failli céder pour un franc symbolique au sud-coréen Daewoo en 1996, il a cessé de fabriquer des téléviseurs pour devenir un leader des technologies numériques et vidéo, en se spécialisant notamment dans les services de post-production aux sociétés de médias et de divertissement.

Mais l'ère Dangeard aura aussi été marquée par une chute de l'action Thomson, qui a effacé environ les trois-quarts de sa valeur, et les analystes estiment que le groupe doit encore prouver qu'il peut afficher une performance durable dans tous ses secteurs d'activité et générer des cash flows solides.

Le titre a perdu 54% rien que depuis le début de l'année, une chute qui remonte surtout à la mi-février quand Thomson a révisé en baisse son objectif de chiffre d'affaires pour 2008.

Les agences Moody's et Standard & Poor's ont également dégradé la dette de l'entreprise dans la catégorie "junk" ce mois-ci en raison de craintes sur la profitabilité.

La marge opérationnelle des "activités coeur" a reculé à 6,2% en 2007 contre 8,8% en 2006 en raison de coûts de restructuration dans l'activité Services et de la baisse de la rentabilité de la division Systèmes qui fournit des services et équipements d'aide à la diffusion professionnelle.

L'action Thomson a clôturé vendredi à 4,44 euros, ce qui donne une valorisation totale de 1,2 milliard d'euros.

Dominique Vidalon et Tim Hepher, version française Gilles Guillaume

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