March 19, 2008 / 7:04 AM / 9 years ago

Microsoft devrait acquérir Yahoo sans débourser plus

6 MINUTES DE LECTURE

<p>Le rachat de Yahoo par Microsoft r&eacute;ussira sans doute m&ecirc;me s'il n'est peut-&ecirc;tre pas le meilleur moyen pour la firme de Redmond d'utiliser ses importantes r&eacute;serves de cash, selon les analystes interrog&eacute;s par Reuters, qui estiment en majorit&eacute; que le g&eacute;ant du logiciel n'aura pas besoin de relever cette offre au-del&agrave; des 31 dollars par action actuellement propos&eacute;s. /Photo prise le 1er f&eacute;vrier 2008/Kimberly White</p>

par Eric Auchard et Daisuke Wakabayashi

SAN FRANCISCO/SEATTLE (Reuters) - Le rachat de Yahoo par Microsoft réussira sans doute même s'il n'est peut-être pas le meilleur moyen pour la firme de Redmond d'utiliser ses importantes réserves de cash, selon les analystes interrogés par Reuters.

Microsoft a offert le 1er février de racheter le moteur de recherche et portail internet mais ce dernier a rejeté l'offre, estimant qu'elle le "sous-évaluait considérablement". L'offre de Microsoft vaut actuellement 41,4 milliards de dollars (26,5 milliards d'euros).

Huit analystes sur dix réalisant un suivi de Microsoft et 14 sur 15 travaillant sur Yahoo estiment que le numéro un mondial du logiciel a toutes les cartes en main pour arriver à un accord.

"Les choix de Yahoo deviennent de plus en plus limitées et cela donne un meilleur aspect à l'offre de Microsoft", estime Andy Miedler, analyste chez Edward Jones.

Une majorité d'analystes estiment que le géant de l'informatique n'aura pas besoin de relever cette offre au-delà des 31 dollars par action actuellement proposés pour moitié en actions, pour moitié en espèce, même si certains d'entre eux jugent que celle-ci deviendrait plus alléchante si elle était formulée uniquement en numéraire.

Douze intermédiaires pensent que Microsoft ne modifiera pas cette offre et quatre jugent qu'elle sera reformulée au même prix mais uniquement en cash.

"La reformulation de l'offre uniquement en cash pourrait être la prochaine étape" écrivent ainsi dans une note commune publiée vendredi les analystes d'UBS spécialistes du secteur des logiciels et d'Internet.

"Cela permettrait d'aller plus vite et, compte tenu des bénéfices retirés d'un accord amical, nous nous attendons toujours à ce que Microsoft améliore son offre pour emporter la transaction", indique UBS.

Pas D'alternative Viable

Mais, onze analystes, huit suivant Yahoo et quatre Microsoft, voient ce dernier faire un geste pour satisfaire les investisseurs et les employés de Yahoo. Ce geste, selon les estimations, pourrait aller de 31,50 à 35 dollars par titre, la moitié du prix étant payable en actions.

Chaque dollar supplémentaire par titre offert par Microsoft renchérit l'opération d'un montant global de 1,4 milliard de dollars (899 millions d'euros).

Les résultats de cette analyse ne sont pas une surprise dans la mesure où aucune alternative viable à l'offre de Microsoft n'a encore émergé.

Yahoo a eu des discussions avec News Corp et AOL du groupe Time Warner, selon des sources proches du dossier, mais la plupart des analystes considèrent que ces alternatives n'ont pas de réelles chances de réussir.

Le patron de News Corp Rupert Murdoch a indiqué qu'il ne se lancerait pas dans une bataille avec Microsoft pour le contrôle de Yahoo.

De son côté, AOL a annoncé mardi dernier avoir conclu un accord de rachat du site de réseaux sociaux Bebo pour 850 millions de dollars (544 millions d'euros), ce qui voudrait dire que Yahoo n'entre pas dans les plans de Time Warner.

Des responsables de Yahoo et Microsoft se sont rencontrés pour la première fois lundi pour évoquer les perspectives d'un groupe fusionné. Cette réunion, considérée comme un pont jeté sur le gouffre qui sépare les deux sociétés depuis six semaines, pourrait ouvrir la porte à des négociations plus poussées et, finalement, à un accord amical.

Le Retour Sur Investissement en Question

Alors que les analystes travaillant sur Microsoft estiment que l'accord aboutira, certains s'interrogent sur le fait de savoir s'il s'agit de la meilleure utilisation possible des réserves financières dont dispose Microsoft, soit 21 milliards de dollars (13,48 milliards d'euros) à fin décembre.

La firme de Redmond, qui a prédit que l'opération serait relutive au cours de la deuxième année fiscale pleine après la signature de l'accord, devrait piocher dans ces réserves et faire appel à la dette pour financer l'acquisition.

Des analystes pensent que le retour sur investissement attendu à court terme sur Yahoo est inférieur à celui dont pourrait se prévaloir le géant des logiciels en développant sa propre activité ou en achetant des sociétés plus petites.

L'acquisition de Yahoo n'est "absolument pas" le meilleur moyen pour Microsoft d'utiliser son cash, affirme Toan Tran, analyste chez Morningstar. Pour lui, l'argent utilisé pour cette transaction pourrait être affecté à d'autres acquisitions de plus petite taille sur le web présentant moins de risques.

Reste que même en réduisant ses réserves pour Yahoo, Microsoft peut facilement reconstruire son compte en banque. Le groupe a généré 17,8 milliards de dollars (11,4 milliards d'euros) en cash au cours de l'année fiscale à fin juin.

Le groupe a également dépensé 54 milliards de dollars (34,6 milliards d'euros) au cours des deux dernières années fiscales en rachats d'actions et dividendes. Ceci fait suite à un paiement unique de dividende aux investisseurs de 32 milliards de dollars (20,5 milliards d'euros) en 2004.

Au cours des cinq dernières années, l'action Microsoft a pris 12% alors que l'indice S&P 500 enregistrait une croissance de 55% sur la même période.

Version française Julien Toyer

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