May 6, 2008 / 5:42 AM / 9 years ago

Berlin presserait Deutsche Telekom d'effectuer des acquisitions

5 MINUTES DE LECTURE

<p>L'Etat allemand, actionnaire majeur de Deutsche Telekom, presse l'op&eacute;rateur de proc&eacute;der &agrave; de grosses acquisitions dans l'espoir de voir remonter le cours de Bourse, d'apr&egrave;s une source au fait des intentions de Berlin. /Photo prise le 2 mars 2008/Hannibal Hanschke</p>

par Nicola Leske et Nikola Rotscheroth

LUXEMBOURG/DUSSELDORF (Reuters) - L'Etat allemand, actionnaire majeur de Deutsche Telekom, presse l'opérateur de procéder à de grosses acquisitions dans l'espoir de voir remonter le cours de Bourse, a déclaré lundi une source au fait des intentions de Berlin.

"Il est patent que Berlin pense expansion et met la pression sur Deutsche Telekom", a dit la source à Reuters lundi, alors même que se multiplient les conjectures voulant que Telekom fasse une offre sur l'opérateur mobile américain Sprint Nextel.

Une source proche de l'opérateur allemand a dit que ce dernier examinait Sprint Nextel depuis février, quand ce dernier a annoncé une forte dépréciation de la survaleur. Elle a ajouté qu'aucune décision n'avait été prise quant à une offre.

Berlin détient encore le tiers environ du capital de l'ancien monopole public, a un représentant au conseil de surveillance et un droit de regard sur ses décisions.

Concernant un éventuel intérêt de Deutsche Telekom pour Sprint Nextel, le troisième opérateur mobile américain, le ministre allemand des Finances Peer Steinbrück a déclaré à des journalistes: "Je pense que c'est une rumeur".

Le président du directoire Rene Obermann veut développer l'activité mobile de l'opérateur par des acquisitions, afin de compenser une activité dans la téléphonie fixe qui va en déclinant. Il ne perd pas non plus de vue le cours de l'action.

Si Deutsche Telekom avalait Sprint Nextel, sa filiale T-Mobile USA, quatrième opérateur aux USA, supplanterait AT&T et Verizon Wireless au premier rang des opérateurs mobiles aux Etats-Unis.

Mais les experts sont sceptiques. "Je ne vois pas Telekom se lancer dans ça actuellement", dit ainsi Heinrich Ey, gérant de fonds d'Allianz Global Investors.

DEUTSCHE TELEKOM L'AMÉRICAIN

Craig Moffett, analyste de Sanford C. Bernstein, estime que Sprint contrôle 19% du marché des communications mobiles US par le nombre d'abonnés et T-Mobile 12%. Les deux regroupés dépasseraient les 27% de part de marché d'AT&T, dit-il, s'attendant à ce que les autorités antitrust américaines passent au crible une telle opération.

Ey explique que le cours de l'action Sprint Nextel étant bas, cela paraît tentant et justifié de lancer une OPA. Mais il ajoute que l'opération induirait des investissements massifs pour intégrer les différentes technologies de réseaux.

Sprint, aux prises avec des problèmes de réseaux et de service après-vente, gère deux réseaux différents du réseau GSM de T-Mobile. Il doit lancer vers le milieu d'année ses systèmes UMTS.

Ey fait aussi valoir que Deutsche Telekom est actuellement près d'acquérir la participation d'Athènes dans l'opérateur grec OTE. "Telekom veut être moins dépendant du marché allemand et OTE est un bon choix à cet égard, alors que Telekom n'arrangerait pas ses affaires avec Sprint", note-t-il.

Deutsche Telekom et Sprint Nextel se sont abstenus de tout commentaire à ce sujet.

Un rapport d'études de Merrill Lynch publié en mars a contribué à alimenter les conjectures autour des deux groupes de télécommunications. Merrill expliquait que les problèmes opérationnels de Sprint l'obligeraient à réduire les tarifs pour garder voire attirer des clients, étant par là susceptible de déclencher une guerre des prix aux USA, mais ajoutait qu'une acquisition préviendrait une telle évolution.

Quant à savoir si Berlin accepterait que Deutsche Telekom devienne, pour l'essentiel, une société de droit américain, c'est une question qui n'a pas pour l'instant de réponse définitive, disent les analystes.

Question légitime à ce qu'il semble puisque Deutsche Telekom a acquis en septembre SunCom Wireless pour 1,6 milliard de dollars cash et l'opérateur mobile VoiceStream en 2000 pour 35 milliards de dollars.

Version française Wilfrid Exbrayat

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