La FFT prône une taxe partagée pour financer la télé publique

mercredi 21 mai 2008 13h38
 

PARIS (Reuters) - Les opérateurs de télécommunications sont disposés à payer une taxe sur leurs recettes publicitaires pour aider à financer la suppression de la publicité sur la télévision publique si elle s'applique à l'ensemble des médias et est basée sur les contenus, dit Frank Esser, président de la Fédération française des télécoms (FFT) et P-DG de SFR.

La Commission pour une nouvelle télévision publique présidée par Jean-François Copé, chargée d'élaborée d'ici au 25 juin des propositions en la matière pour le président de la République Nicolas Sarkozy, doit rendre à 14h30 ses conclusions sur le financement de France Télévisions.

L'une des pistes évoquées depuis plusieurs mois pour compenser une partie du manque à gagner pour la télévision publique est celle d'une taxe sur le chiffre d'affaires global des opérateurs de télécommunications, qui pourrait dégager quelque 200 millions d'euros par an.

"Nous sommes d'accord pour collaborer mais si nous le faisons, cela doit être en lien avec l'ensemble du secteur de la télévision", a déclaré Frank Esser lors du sommet Technologies, médias et télécoms (TMT) organisé par Reuters.

"Une taxe qui s'appliquerait au seul secteur des télécoms ne serait pas appropriée (...) Nous sommes ouverts à une taxe mais nous pensons que nous ne devons pas être les principaux contributeurs à cette mesure car il n'existe aucun lien direct entre la télévision publique et nous", a-t-il ajouté.

Frank Esser a également rappelé que la FFT, un organisme regroupant l'ensemble des opérateurs fixe, mobile et internet, s'opposait depuis toujours à une "taxe liée au simple fait d'être un opérateur mobile".

Dans un courrier adressé aux membres de la commission Copé, la FFT s'était dite prête à "aller plus loin en supportant de manière juste et non discriminatoire une contribution sur les recettes publicitaires issues de nos portails qui, encore modestes aujourd'hui, vont s'accroître dans le temps avec la montée en puissance de l'audience sur les portails des opérateurs mobiles et des fournisseurs d'accès internet".

SFR, a par ailleurs dit n'attendre "aucun gain à court terme sur la publicité mobile" de cette mesure.

Le président de France Télévisions Patrick de Carolis a estimé à environ 850 millions d'euros la perte de revenus induite par la suppression de la publicité sur les chaînes du groupe, dont les modalités restent à définir et qui pourrait se faire par étape entre 2009 et 2011.

Julien Toyer