1 août 2008 / 11:31 / dans 9 ans

Safran plonge après ses semestriels, cession des mobiles

par Matthias Blamont et Tim Hepher

PARIS (Reuters) - L‘action Safran s‘inscrit en nette baisse à la Bourse de Paris alors que le groupe a annoncé son désengagement complet de l‘activité téléphonie mobile, lequel devrait se traduire par une charge de 220 millions dans ses comptes 2008.

Vers 15h00, l‘action du spécialiste de l‘aéronautique, de la défense et de la sécurité, qui a également présenté ses résultats semestriels, décroche de 12,53% à 11,31 euros. Depuis le début de l‘année, il efface 7,84%.

Les inquiétudes sur la conjoncture du transport aérien se sont démultipliées ces derniers jours face à l‘augmentation des prix du kérosène. Certains observateurs craignent un ralentissement de la demande qui viendrait affecter les constructeurs et leurs équipementiers.

Au cours d‘une conférence de presse, Jean-Paul Herteman, président du directoire de Safran, s‘est employé à rassurer sur ses perspectives.

“La demande est toujours là, particulièrement dans les activités de services (de maintenance, ndlr), et les chocs pétroliers précédant celui que nous connaissons ont été absorbés. Nos commandes se décalent à l‘Est, vers des zones où les potentiels de croissance restent très importants”, a-t-il expliqué.

Plus tôt dans la matinée, la société a mis un point final à sa sortie du secteur des télécommunications en détaillant la cession de son activité de téléphonie mobile, en déficit chronique, au fonds Sofinnova, structure spécialisée dans les prises de participation au sein de sociétés de télécommunications et de biotechnologies.

Safran détiendra provisoirement 10% de la nouvelle entité, dénommée Sagem Wireless, et participera à son financement.

La transaction devrait être finalisée d‘ici à la fin de l‘année. Au premier semestre, la division a affiché une perte brute de 72 millions d‘euros.

“Sur les 690 employés de ce pôle, 310 devraient rester tandis que la plupart des 380 salariés restants devraient être réintégrés au sein des divisions de Safran. Nous avons beaucoup de commandes à honorer dans la sécurité et il nous faudra du personnel”, a expliqué à Reuters Xavier Lagarde, membre du directoire de Safran. Le dirigeant a toutefois ajouté que des licenciements n’étaient pas à exclure.

Fin janvier, Safran notifiait la cession de son activité haut débit au fonds The Gores Group pour une valeur d‘entreprise de 383 millions d‘euros.

La vente de l‘activité mobile marque la sortie de ce segment du groupe issu de la fusion en 2004 du spécialiste des télécommunications Sagem et du motoriste Snecma, un rapprochement appuyé à l’époque par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l‘Economie, des Finances et de l‘Industrie. Le modèle a toutefois peiné à convaincre les marchés.

En héritage de Sagem, Safran ne conserve aujourd‘hui plus que les activités de défense et de sécurité.

RÉSULTATS CONFORME AUX ATTENTES

“Les chiffres (semestriels) sont un peu au-dessus des attentes, le groupe est parvenu à compenser l‘effet dollar, un élément positif. Néanmoins, il réside des interrogations sur la manière dont sera comptabilisée l‘activité mobiles sur l‘année, ce d‘autant que l‘on s‘attend à de nouvelles charges exceptionnelles au deuxième semestre”, observe Pierre Boucheny, analyste auprès de Kepler Equities.

“La vente de l‘activité mobiles met un terme à une source de pertes à répétition et conforte la crédibilité du management qui s’était engagé à trouver une solution pour le 31 juillet”, écrit de son côté Oliver Brochet, chez Natixis Securities, dans une note de recherche. L‘intermédiaire est néanmoins à “alléger” sur la valeur avec un objectif de cours de 12,5 euros.

Sur les six premiers mois de l‘année, l‘entreprise a dégagé un résultat opérationnel courant de 328 millions d‘euros, ce qui porte la marge à 6,5%. Elle s’élevait à 7,7% au premier semestre 2007.

Le résultat net, essentiellement soutenu par la plus-value de 146 millions d‘euros réalisée avec la vente en mars d‘activités dans la monétique à Ingenico, s‘est établi à 156 millions d‘euros. Le chiffre d‘affaires marque une hausse de 2,8% à 5,05 milliards. A taux de change et périmètre constants, les ventes progressent de 14,8%.

L‘impact du dollar a atteint 355 millions d‘euros au niveau du résultat opérationnel et 550 millions sur celui du chiffre d‘affaires. La direction a précisé disposer de couvertures de changes jusqu‘en 2010.

Edité par Jacques Poznanski

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