Microsoft conclut un accord "open source" exceptionnel

vendredi 21 décembre 2007 08h45
 

BRUXELLES (Reuters) - Microsoft a signé jeudi aux États-Unis un accord rare avec une fondation à but non lucratif consacrée aux logiciels dit "open source", un pas important pour la firme de Redmond depuis que celle-ci a accepté de se conformer aux sanctions de la Commission européenne pour pratiques anticoncurrentielles.

"Cela devrait injecter de la concurrence sur un marché que Microsoft a fini par dominer du fait d'une politique abusive", a déclaré Jonathan Todd, porte parole de l'exécutif européen.

La Commission avait en mars 2004 condamné Microsoft à fournir à ses concurrents les informations nécessaires au développement de produits interopérables avec ses logiciels pour PC et pour serveurs.

L'accord conclu avec la Protocol Freedom Information Foundation (PFIF) vise avant tout à aider l'éditeur à but non-lucratif Samba, qui propose un logiciel gratuit et dont le code source est public (open source ou "source ouverte") destiné aux serveurs.

Le modèle dit "source ouverte" est basé sur le droit de toute entreprise de copier, modifier et redistribuer un programme une fois qu'elle a obtenu une licence.

Andrew Tridgell, fondateur de Samba, a déclaré que l'accord lui permettrait de se tenir à jour sur les récents changements de Microsoft Windows et également d'aider d'autres projets de logiciels libres.

Le logiciel de Samba dédié aux groupes de travail en entreprise vise à permettre aux salariés de s'identifier et de se connecter à un système informatique, de partager des documents et de les imprimer, mais les problèmes d'interopérabilité ne lui permettaient pas d'agir comme un poste de pilotage sur le réseau entier, ce que seul le logiciel Active Directory de Microsoft permettait de faire jusqu'alors.

La Commission avait conclu en 2004 que Microsoft avait refusé de fournir à ses concurrents les protocoles, informations nécessaires à l'interopérabilité, pour que les ordinateurs et serveurs utilisant son logiciels Windows mais fabriqués par ses concurrents ne puissent pas fonctionner ensemble.

Cette pratique anticoncurrentielle de Microsoft lui a permis de s'imposer sur le marché des serveurs, contraignant ses concurrents à disparaître ou à quitter le secteur. Ne fonctionnant pas sur une base commerciale, Samba n'a en revanche pas eu à souffrir de pertes de chiffre d'affaires et n'a pas été contraint de se retirer du marché aujourd'hui dominé par Microsoft.   Suite...

 
<p>Bill Gates, fondateur de Microsoft. La firme de Redmond a conclu un accord avec la Protocol Freedom Information Foundation (PFIF), fondation &agrave; but non lucratif consacr&eacute;e aux logiciels "open source". Cet accord repr&eacute;sente un pas important pour Microsoft depuis qu'il a accept&eacute; de se conformer aux sanctions de la Commission europ&eacute;enne pour pratiques anticoncurrentielles. /Photo prise le 13 novembre 2007/REUTERS/Robert Sorbo</p>