La France veut améliorer la protection des emails

jeudi 20 février 2014 15h44
 

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a dévoilé jeudi un nouveau dispositif destiné à améliorer la protection des échanges d'emails, devenue un sujet de préoccupation après le scandale de l'espionnage à grande échelle pratiqué par les Etats-Unis.

Les messageries électroniques proposées par les fournisseurs d'accès à internet (FAI) vont faire l'objet d'un chiffrage et les messages seront traités par des infrastructures situées sur le territoire national, a annoncé le Premier ministre.

"Notre objectif est de garantir l'inviolabilité des correspondances, vieux principe républicain qu'il faut réaffirmer et réactualiser dans le monde numérique", a expliqué Jean-Marc Ayrault dans un discours à l'Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information (Ansii).

"Cette initiative concernera dans un premier temps les services de messagerie électronique proposés par les fournisseurs d'accès à internet - ces opérateurs qui fournissent les 'box'", a-t-il ajouté en citant la messagerie laposte.net, utilisée par des millions de Français.

Ce dispositif, qui se fera en accord avec les opérateurs français, fait écho à une initiative similaire annoncée l'an dernier par Deutsche Telekom, le premier opérateur allemand.

Dans le cadre d'un projet baptisé "email made in Germany", celui-ci a décidé de faire transiter les emails exclusivement par ses serveurs locaux en réaction à l'indignation provoquée par les révélations sur le programme d'écoutes mené par les services américains de la NSA.

L'opérateur avait alors estimé que cette initiative pourrait être étendue à tout l'espace Schengen, dont 26 pays européens font partie -- presque tous les Etats membres de l'UE, plus la Suisse, la Norvège, le Liechtenstein et l'Islande.

Le dispositif mis en place en France se fait en plein accord avec les opérateurs, a précisé la ministre de l'Economie numérique, Fleur Pellerin, présente à l'Ansii.

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Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a annoncé jeudi le lancement d'un dispositif de protection des correspondances sur internet, en accord avec les opérateurs français. /Photo d'archives/REUTERS/Kacper Pempel