20 janvier 2014 / 17:04 / dans 4 ans

Chine et Europe, moteurs des dépenses d'équipement des télécoms

Les opérateurs télécoms devraient augmenter leurs dépenses d'équipement pour la deuxième année consécutive en 2014 grâce à la contribution de la Chine et de l'Europe qui ont engagé le vaste chantier du déploiement du très haut débit mobile. /Photo prise le 16 janvier 2014/REUTERS/Heinz-Peter Bader

par Sven Nordenstam et Leila Abboud

STOCKHOLM/PARIS (Reuters) - Les opérateurs télécoms devraient augmenter leurs dépenses d‘équipement pour la deuxième année consécutive en 2014 grâce à la contribution de la Chine et de l‘Europe qui ont engagé le vaste chantier du déploiement du très haut débit mobile.

Le cabinet d‘étude Gartner table sur une hausse de 6% des ventes mondiales d‘équipements réseaux en 2014 pour atteindre un total de 85,4 milliards de dollars (63 milliards d‘euros), contre une augmentation de 3% l‘an dernier. L‘Asie, hors Japon, devrait afficher une progression de 7% tandis que l‘Europe et l‘Amérique du Nord croîtraient de 6%.

L‘expert des télécoms Dell‘Oro se montre moins optimiste et attend une croissance de 3% à comparer à 2% l‘an dernier.

Ces prévisions constituent une bonne nouvelle pour les équipementiers européens - le suédois Ericsson, le finlandais Nokia et le franco-américain Alcatel-Lucent - même si la guerre des prix avec les concurrents chinois ne devrait pas s‘atténuer, soulignent des analystes.

De même, tous les équipementiers ne seront pas logés à la même enseigne.

Le déploiement massif de la 4G en Chine emmené par China Mobile profitera ainsi principalement aux deux locaux Huawei et ZTE. Ce chantier devrait aussi doper les ventes d‘Ericsson, Alcatel et Nokia mais au détriment de leurs marges en raison des prix pratiqués sur ce marché.

En Europe, Ericsson et Huawei sont considérés comme les mieux placés pour tirer parti de la hausse des investissements car ils sont les principaux fournisseurs du britannique Vodafone qui a prévu de dépenser sept milliards de livres (5,2 milliards d‘euros) d‘ici à mars 2016 dans le cadre du projet “Spring” pour améliorer la qualité de son réseau.

“Ericsson a une plus large exposition à l‘Europe donc cela va largement contrebalancer le poids des contrats en Chine et protéger les marges tandis qu‘Alcatel-Lucent est davantage menacé en raison de sa plus petite taille en Europe”, explique Pierre Ferragu, analyste à Bernstein.

“Nokia a besoin de retrouver des opportunités pour stabiliser son chiffre d‘affaires donc je pense qu‘il devrait mettre l‘accent sur des projets à faible marge dans des marchés comme les Etats-Unis, la Russie, la Chine et éventuellement des pays du sud-est asiatique”, ajoute-t-il.

RALENTISSEMENT AUX ÉTATS-UNIS

Les analystes sont moins catégoriques quant à l‘évolution des dépenses aux Etats-Unis où les principaux opérateurs Verizon et AT&T ont en grande partie achevé le déploiement de leur réseau 4G.

Certains concurrents espèrent toutefois rattraper leur retard sur les deux leaders en investissant dans le très haut débit à l‘image du numéro trois Sprint qui prévoit d‘investir huit milliards de dollars pour moderniser son réseau.

Selon Gartner, les opérateurs nord-américains devraient augmenter de 9% leurs dépenses dans les équipements mobiles, contre +6% l‘an dernier. UBS table en revanche sur une progression nettement plus faible de 1% des investissements dans les réseaux mobiles alors que Bernstein les voit stables.

“Nous sommes plus optimistes du fait de la 4G”, explique Akshay Sharma, analyste à Gartner, en mettant en avant les projets d‘investissement de Sprint. “Ils doivent investir massivement. Cela pourrait changer la donne”.

L‘Europe pourrait également changer de braquet si Telefonica, Telecom Italia et Deutsche Telekom ripostent aux projets de Vodafone.

“Vodafone met la pression sur tout le monde. On pourrait se retrouver avec une année plutôt bonne en Europe en matière d‘équipements mobiles”, estime Alexandre Peterc, analyste à Exane BNP Paribas.

BAISSE DES PRIX

En dépit de la hausse attendue des dépenses d‘équipement, peu de dirigeants du secteur ou d‘investisseurs s‘attendent à une pause dans la guerre des prix avec les équipementiers chinois depuis le lancement de leur offensive sur les marchés étrangers.

Même si celle-ci a perdu en intensité, alors que Huawei privilégie aujourd‘hui ses marges à la conquête de parts de marché, la baisse des prix devrait se poursuivre, selon une enquête d‘UBS auprès des responsables des achats.

Environ 42% des personnes interrogées ont pronostiqué une baisse plus importante que la normale alors que 30% ont dit s‘attendre à une baisse habituelle, soit entre 10 et 15%. Ils étaient 80% l‘an dernier à attendre une baisse standard.

La division équipements réseaux de Nokia, NSN, pourrait notamment sacrifier ses marges pour décrocher des contrats car elle a besoin de redresser ses ventes qui devraient avoir reculé d‘environ 17% l‘an dernier, selon des analystes.

“Ils seront agressifs mais je ne pense pas qu‘ils tueront totalement les prix dans le secteur car il n‘y aura pas assez de contrats en lice cette année”, explique Alexandre Peterc.

Nokia sera le premier à dévoiler ses chiffres annuels le 23 janvier, suivi par Ericsson une semaine plus tard puis Alcatel-Lucent le 6 février.

Gwénaëlle Barzic pour le service français, édité par Matthias Blamont

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