December 4, 2013 / 12:06 PM / 4 years ago

Netflix reçu à l'Elysée pour évoquer un lancement en France

4 MINUTES DE LECTURE

Des représentants du groupe américain Netflix ont été reçus mercredi matin à l'Elysée pour évoquer un possible lancement de leur service de vidéos en ligne en France, selon une source élyséenne. /Photo d'archives/Mike Blake

par Julien Ponthus et Gwénaëlle Barzic

PARIS (Reuters) - Des représentants du groupe américain Netflix ont été reçus mercredi matin à l'Elysée pour évoquer un possible lancement de leur service de vidéos en ligne en France, a-t-on appris auprès d'une source élyséenne.

Le géant des contenus est déjà présent dans plusieurs pays européens mais son offre n'est pour l'instant pas accessible en France bien que des rumeurs reviennent fréquemment sur une possible installation de la société dans l'Hexagone.

"Netflix voulait se renseigner sur les conditions juridiques de son éventuelle installation en France dans le cadre d'une tournée européenne de prospection", a expliqué la source à l'Elysée.

Netflix, qui est présent dans 40 pays à travers le monde, réfléchit à s'implanter dans plusieurs grands Etats européens en vue d'accroître sa présence sur le Vieux Continent où il propose déjà son service au Royaume-Uni, en Irlande, en Scandinavie ainsi qu'aux Pays-Bas.

Outre la France, il viserait également le marché allemand, a-t-on précisé de source proche du dossier.

Netflix s'est imposé en quelques années comme un géant des contenus grâce à son offre d'abonnement qui donne accès à un gigantesque catalogue de programmes, films et séries visionnables en "streaming", c'est-à-dire sans téléchargement.

Né en 1997, il a d'abord bâti son succès en s'imposant comme le numéro un de la location de DVD grâce à son service d'envoi par courrier, avant de se lancer début 2008 dans le "streaming".

Avec ses 40 millions d'abonnés à travers le monde, il peut aujourd'hui se targuer de dépasser de loin l'audience des grandes chaînes de télévision et a récemment donné une nouvelle dimension à son activité en s'offrant les droits exclusifs de la série à succès de David Fincher "House of Cards".

Sa venue en France est redoutée par les principaux groupes de télévision qui ont préparé la riposte en lançant des offres maison de vidéo à la demande par abonnement (SVOD), à l'image du groupe de télévision Canal+ (Vivendi) avec Canal Play Infinity.

Des discussions ont également eu lieu entre TF1, M6 et la chaîne cryptée en vue de créer une sorte de "Hulu à la française", en référence à un autre service américain de vidéos en ligne, mais elles n'ont jamais abouti.

"Serpent De Mer"

Un lancement de Netflix en France n'irait toutefois pas sans rencontrer certains obstacles et risquerait notamment de se heurter à un cadre juridique complexe.

"C'est un vieux serpent de mer", relativise un acteur du secteur au sujet de l'arrivée possible de Netflix. "Cela fait trois ans qu'on en parle."

Souvent évoquée pour expliquer l'hésitation de Netflix à investir la France, la "chronologie des médias", qui est issue d'un accord entre les professionnels du secteur, fixe à 36 mois le délai à partir duquel un film sorti en salles peut être diffusé pour la première dans le cadre de la SVOD.

Les séries ne sont toutefois pas concernées par cet accord qui fait l'objet actuellement de discussions susceptibles d'aboutir à un raccourcissement des délais comme le propose le rapport Lescure sur l'acte II de l'exception culturelle à l'ère numérique.

Exception culturelle toujours, les Français ont peu d'appétit pour les programmes non sous-titrés à la différence d'autres pays européens où Netflix propose son offre de contenus en version originale.

Or les droits des versions françaises des séries et des films sont principalement détenus par les chaînes de télévision et les distributeurs locaux.

Netflix pourrait toutefois contourner l'obstacle en installant en France une unité dédiée au sous-titrage de ses contenus, estime un autre acteur du secteur.

Contacté en dehors des heures normales d'ouverture des bureaux, Netflix n'était pas joignable dans l'immédiat. Canal+, et TF1 n'étaient pas disponibles et M6 n'a pas souhaité faire de commentaires.

Avec Leila Abboud et Elizabeth Pineau, édité par Jean-Michel Bélot

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