Le Japon sera bientôt marginal sur le marché des téléviseurs

mardi 15 octobre 2013 20h15
 

par Reiji Murai et Sophie Knight

TOKYO (Reuters) - L'annonce par Panasonic de la prochaine fermeture de sa dernière usine de téléviseurs plasma ne fait que confirmer une issue inexorable: le Japon a pratiquement disparu du marché des téléviseurs, dont il avait fait un bastion de son empire technologique et économique.

L'âge d'or des années 1970 et 1980, durant lequel les Sony, Trinitron et autres Panasonic trônaient dans les salons américains et européens est bel et bien révolu. Et il aura fallu moins de dix ans pour que les constructeurs nippons battent en retraite sous les coups d'adversaires comme Samsung ou LG Electronics.

Panasonic cessera au plus tard en mars toute production de téléviseurs plasma, a-t-on appris de sources proches du dossier, qui confirment ainsi une information publiée par le quotidien Nikkei.

Cet arrêt, qui interviendra donc plus tôt que prévu initialement, illustre la volonté du président du groupe, Kazuhiro Tsuga, d'en finir avec les activités les plus mal en point pour se concentrer sur les produits à forte rentabilité et renouer avec les bénéfices après des années de pertes.

Le Japon ne comptera donc bientôt plus que trois usines d'écrans à cristaux liquides (LCD) co-détenues par Sharp et des sociétés étrangères, et quelques sites d'assemblage. Déjà, plusieurs grandes marques comme Toshiba ou Hitachi se contentent de sous-traiter la majeure partie de leur production à d'autres.

Comme les constructeurs américains et européens qu'ils ont poussé au dépôt de bilan ces 40 dernières années, les japonais peuvent mettre leur éviction du marché des téléviseurs sur le compte de l'appétit de leurs concurrents autant que sur celui de leurs erreurs stratégiques.

"Ce n'est pas seulement un échec des entreprises japonaises. C'est aussi le résultat des progrès rapides de leurs concurrents", explique Kun Soo Lee, analyste du cabinet d'études spécialisé iSuppli. "Les entreprises japonaises ont sans doute été un peu sentimentales en sous-estimant la concurrence et elles n'ont pas élaboré une stratégie concurrentielle."

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