L'intérêt d'AT&T pour l'Europe ne convainc pas le marché

lundi 14 octobre 2013 11h45
 

par Sinead Carew et Leila Abboud

NEW YORK/BRUXELLES (Reuters) - AT&T a envisagé la possibilité d'une offre de rachat sur un opérateur européen qui pourrait être Vodafone mais il doit s'attendre à se heurter à la résistance de certains investisseurs, préoccupés par la dureté de la concurrence et la complexité de la réglementation sur le Vieux Continent.

Le directeur général du groupe américain, Randall Stephenson, a déclaré mardi que le marché européen pourrait constituer une "énorme opportunité", dans la perspective de la modernisation des réseaux et du développement du haut débit mobile.

Des sources bancaires proches du dossier notent qu'AT&T a envisagé le rachat d'un opérateur européen, avec des cibles potentielles incluant Vodafone, EE (la coentreprise britannique d'Orange et Deutsche Telekom) et l'espagnol Telefonica.

Pour les investisseurs, le deuxième opérateur américain n'a pas intérêt à se précipiter au vu de la concurrence acharnée que se livrent les acteurs du marché en France, en Grande-Bretagne et en Italie, ainsi que de la réglementation européenne en matière de fréquences mobiles, peu propice à l'investissement.

"Dans l'absolu, la perspective de les voir faire quoi que ce soit en Europe ne me met pas très à l'aise", résume Mike Wetherington, analyste de Barrow, Hanley, Mewhinney & Strauss, une société d'investissement qui est le 14e actionnaire d'AT&T avec 0,6% du capital selon les données Reuters.

"Nous restons à l'écart d'une bonne partie des grands noms du secteur européen des télécoms à cause, entre autres, de la réglementation et de la concurrence", ajoute-t-il.

La question clé du dossier porte sur la capacité d'investissement d'AT&T dans une telle opération de croissance externe, a priori de grande ampleur pour un groupe dont le chiffre d'affaires devrait atteindre 128,7 milliards de dollars (95,3 milliards d'euros) cette année.

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AT&T a envisagé la possibilité d'une offre de rachat sur un opérateur européen qui pourrait être Vodafone mais, pour les investisseurs, le deuxième opérateur américain n'a pas intérêt à se précipiter au vu de la concurrence acharnée que se livrent les acteurs du marché en France, en Grande-Bretagne et en Italie. /Photo d'archives/REUTERS/Danny Moloshok